Belgique

La mort de Jason Arday, ancien chercheur noir de Cambridge, soulève polémique.

Jason Arday, un universitaire britannique de 41 ans, a été retrouvé mort à son domicile à Londres le 14 août, plongeant le monde académique dans une profonde tristesse. Sa disparition survient après une période tumultueuse marquée par des accusations de plagiat et un intense harcèlement médiatique. Arday, qui avait surmonté un diagnostic d’autisme pour devenir le plus jeune professeur noir de l’université de Cambridge, a vu sa carrière ternie par un scandale qui a suscité de vives réactions.

Nommé professeur en 2023, Arday avait attiré l’attention pour son parcours exceptionnel, mais cette reconnaissance s’est rapidement transformée en controverse. Fin juillet, des allégations de plagiat, notamment concernant sa thèse de doctorat obtenue à l’université Liverpool John Moores en 2015, ont émergé, remettant en question son intégrité académique. Ces accusations ont été portées par Nathan Cofnas, un chercheur aux idées controversées, qui s’est fait connaître pour ses travaux sur les prétendus liens entre race et intelligence.

La réaction des médias a été immédiate et virulente. Des publications de droite et d’extrême droite ont scruté le parcours d’Arday, mettant en doute ses affirmations sur son diagnostic d’autisme et d’autres aspects de sa vie personnelle. En conséquence, l’université de Cambridge, qui avait initialement soutenu Arday, a ouvert une enquête sur ces allégations, le poussant à démissionner de son poste.

Dans une déclaration poignante, Arday a décrit sa décision de quitter son poste comme un moyen de mettre fin à un harcèlement incessant qu’il a toujours nié. Il a exprimé que les critiques qu’il subissait dépassaient le cadre d’un simple désaccord académique. De plus, l’université qui lui avait décerné son doctorat a conclu qu’il n’y avait pas eu de plagiat dans son travail.

L’impact de cette affaire va au-delà de la seule carrière d’Arday. Elle met en lumière les tensions culturelles au sein des universités britanniques, où des accusations de favoritisme envers les chercheurs issus de la diversité sont de plus en plus fréquentes. Cofnas, par ailleurs, a plaidé pour un retour aux critères de recrutement traditionnels, dénonçant les politiques de diversité comme néfastes.

Une pétition en soutien à Jason Arday a déjà recueilli près de 90 000 signatures, appelant à une enquête publique sur les circonstances de son décès. Des universitaires et des militants dénoncent le harcèlement médiatique dont il a été victime, affirmant que la couleur de sa peau a joué un rôle crucial dans cette tragédie.

La famille d’Arday a accusé ses détracteurs d’avoir orchestré une « campagne de harcèlement continu », tandis que le maire de Londres a critiqué la « humiliation publique » à laquelle il a été soumis. La vice-chancelière de Cambridge, Deborah Prentice, a exprimé sa tristesse face à cette perte et a promis une enquête indépendante pour examiner les circonstances de la nomination d’Arday.

Malgré sa démission, l’université continue d’explorer les événements ayant conduit à cette tragédie, affirmant que les résultats de l’enquête pourraient influencer les processus de nomination dans les postes académiques. Cette situation tragique soulève des questions cruciales sur la manière dont les universitaires issus de la diversité sont perçus et traités dans le monde académique.