Belgique

Jean Pormanove décède en France : Naruto et Safine condamnés à prison avec sursis et « bannissement numérique »

Le tribunal correctionnel de Nice a récemment rendu son verdict dans une affaire qui a suscité une vive émotion. Bien que le procès n’ait pas directement concerné la mort tragique de Raphaël Graven, connu sous le nom de Jean Pormanove ou JP, décédé à 46 ans, il a mis en lumière des actes de violence et d’humiliation subis par lui et Stéphane G., surnommé Coudoux, au cours de leurs diffusions en direct sur les plateformes de streaming entre 2023 et 2025. L’enquête sur la mort de JP, dont le corps a été découvert sous un drap, a été classée sans suite en février après autopsie.

Owen Cenazandotti, alias Naruto, âgé de 27 ans, a été condamné à une peine de deux ans de prison avec sursis et à une amende de 15 000 euros. Son complice, Safine Hamadi, 24 ans, a écopé de 18 mois de prison avec sursis et d’une amende de 5 000 euros. En outre, une mesure de « bannissement numérique » de six mois a été imposée, interdisant aux deux hommes de publier sur les plateformes en ligne durant cette période.

Le procureur a dénoncé un « système de maltraitance » orchestré par les streamers, demandant des peines plus sévères, incluant 30 mois de prison, dont un an ferme pour Naruto, ainsi qu’un bannissement numérique à vie. Me Fabien Carles, l’avocat de Naruto, a exprimé son soulagement face à une condamnation jugée « largement en dessous des réquisitions », tout en la qualifiant de « trop lourde ». Il a souligné que ces individus, bien qu’ayant dépassé les limites, ne devraient pas être considérés comme des criminels.

Les témoignages et les images présentées lors du procès ont révélé des actes de violence, tels que des gifles, des coups de pied et des humiliations verbales. La procureure a insisté sur le fait que ces violences étaient intégrées au programme des émissions, et non pas de simples dérapages.

Pour les accusés, leur chaîne de streaming était perçue comme une forme de divertissement, avec des scénarios visant à provoquer des réactions de JP. Naruto a affirmé s’être inspiré des défis humoristiques de personnalités telles que Michaël Youn ou Cyril Hanouna. Coudoux, quant à lui, a nié être une victime, qualifiant leur activité de « délire entre amis ». La procureure a rétorqué que leur concept reposait sur le mépris d’une catégorie de personnes.

Leurs émissions, diffusées en soirée, attiraient en moyenne 20 000 spectateurs, faisant de leur chaîne Kick l’une des plus populaires en France. Les participants, dont certains étaient des influenceurs, ont pu gagner jusqu’à 6 000 euros par mois. Naruto a décrit cette expérience comme « exceptionnelle », bien qu’il ait reconnu ne pas avoir perçu le mal à l’époque.

Safine, en revanche, a exprimé des regrets, déclarant ne pas être fier de ses actions et se sentant accablé par les insultes qu’il reçoit. Alors que Naruto continue de travailler dans le milieu, Safine se retrouve sans emploi et sans perspective, subissant les conséquences de leur passé.

En parallèle, une enquête est en cours à Paris pour examiner les pratiques de la plateforme Kick et les finances des streamers, qui n’ont jamais déclaré leurs revenus au fisc. Cette affaire soulève des questions importantes sur la responsabilité des plateformes de streaming et la régulation des contenus diffusés en direct.