
Incendie dans les Hautes Fagnes : absence de Canadair expliquée.
L’absence de Canadair dans la lutte contre l’incendie des Hautes Fagnes soulève des interrogations. En effet, la Belgique ne dispose pas de cette flotte d’avions spécialisés dans la lutte contre les feux de forêt. Cependant, le pays a mis en place ses propres ressources, notamment avec deux hélicoptères de la Police fédérale, et a la possibilité de solliciter de l’aide internationale.
C’est précisément ce qu’a fait la Belgique face à la situation actuelle. En activant le mécanisme européen de protection civile, le pays a pu faire appel à des renforts, dont deux avions bombardiers d’eau suédois et plusieurs hélicoptères d’autres nations. La Commission européenne a confirmé cette activation à la demande des autorités belges.
Pour que des Canadair survolent le ciel belge, il faut donc compter sur les capacités de partenaires européens, comme la France. Toutefois, leur absence dans les Hautes Fagnes s’explique par le fait qu’ils ne sont pas disponibles, selon les propos de Nicolas Tuts, directeur de la Protection civile. Il souligne que cette indisponibilité s’inscrit dans un contexte européen où de nombreux incendies mobilisent déjà les moyens aériens.
L’absence de Canadair ne doit donc pas être interprétée comme un manque de soutien aérien pour la Belgique, mais plutôt comme une question de disponibilité des appareils au moment critique.
La coopération avec la France, qui permet d’utiliser des moyens aériens français, a été mise en place suite aux incendies de 2011 dans les Hautes Fagnes. Nicolas Tuts rappelle que cette collaboration a été développée à travers des formations et des exercices pratiques. En avril 2013, un exercice a même été réalisé dans la région, impliquant un Canadair et un Tracker français.
En outre, la Belgique possède également des capacités d’intervention aérienne privées. Cinq avions bombardiers d’eau de type Fire Boss sont basés à l’aérodrome de Zwartberg, dans le Limbourg, et sont exploités par la société flamande Aquarius Aerial Firefighting. Cependant, ces appareils sont actuellement engagés en Turquie et ne peuvent donc pas être mobilisés pour les Hautes Fagnes.
Une question se pose : la Protection civile a-t-elle envisagé de faire appel à cette société privée ? Nicolas Tuts a répondu qu’il n’était pas au courant de l’existence de cette société en Belgique. Il a précisé que les moyens aériens disponibles pour lutter contre les incendies sont répertoriés dans le cadre du mécanisme européen, et que ceux qui ont été proposés comme disponibles ont été sollicités. Les Fire Boss de Zwartberg n’étaient donc pas une option pour l’incendie en cours.
Cette situation soulève des interrogations pour l’avenir : la Belgique devrait-elle intégrer davantage les capacités privées dans sa stratégie de lutte contre les incendies ?
La question de la nécessité pour la Belgique de se doter de ses propres Canadair ou de garantir un accès contractuel à ce type d’appareil est également pertinente. Nicolas Tuts n’exclut pas cette option, mentionnant la possibilité d’établir des marchés de services pour disposer de ces capacités sans avoir à maintenir une flotte nationale. Toutefois, il met en avant les coûts associés à de tels moyens et souligne l’importance de les mettre en balance avec le niveau de risque en Belgique.
Pour lui, une coopération renforcée au niveau européen semble plus judicieuse. La Belgique peut s’appuyer sur rescEU, la réserve européenne de capacités supplémentaires, lorsque ses propres moyens ne suffisent pas. Tuts insiste sur la proximité géographique de plusieurs capacités européennes, notamment aux Pays-Bas, en France et au Luxembourg, et considère que cette coopération est plus efficace pour un pays de la taille de la Belgique.
Bien qu’il ne rejette pas l’idée de contrats de services ou d’autres solutions, il privilégie une collaboration accrue avec le mécanisme européen plutôt que la constitution d’une flotte belge permanente.
