Belgique

Guerre en Ukraine : un pétrolier russe arraisonné, Moscou dénonce « piraterie »

Le pétrolier Tagor a été intercepté en mer par la France, à plus de 400 nautiques (740 km) à l’ouest de la pointe de la Bretagne, alors qu’il se dirigeait vers Limbé au Cameroun. Le parquet de Brest a annoncé l’ouverture d’une enquête pénale pour « non-justification de nationalité d’un navire », « défaut de pavillon » et « refus d’obtempérer ».


C’est le quatrième pétrolier de la flotte de navires fantômes, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales sur ses ventes de pétrole, intercepté en mer par la France depuis le Boracay en septembre 2025.

L’interception du pétrolier, nommé le Tagor, s’est déroulée « à plus de 400 nautiques (740 km, ndlr) à l’ouest de la pointe de la Bretagne« , soit très loin des côtes européennes, a indiqué la préfecture maritime de l’Atlantique dans un communiqué.

Venant du port de Mourmansk, à l’extrême nord-ouest de la Russie, le navire était en route vers la ville côtière de Limbé au Cameroun, pays dont il affichait le pavillon.

Cependant, la Marine française a estimé qu’il y avait de fortes chances qu’il s’agisse d’un faux pavillon, et a décidé de monter à bord, conformément à la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

« L’examen des documents a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré« , a précisé la préfecture maritime, qui a alerté le procureur de Brest, compétent en matière maritime. Contacté par l’AFP, ce dernier n’a pas répondu immédiatement.

Le navire, qui compte 23 membres d’équipage dont la nationalité n’a pas été précisée, est « actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications« , a indiqué la préfecture maritime.

Selon le parquet de Brest, le capitaine du pétrolier a « refusé à de multiples reprises d’obtempérer aux consignes de la Marine nationale« .

Le capitaine s’est déclaré « de nationalité russe« , a déclaré le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, dans un communiqué. Le parquet a ouvert une enquête pénale pour « non-justification de nationalité d’un navire« , « défaut de pavillon » et « refus d’obtempérer« .

Après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large de Ouessant (Finistère), ce sont quatre navires qui ont été interceptés.

Les trois premiers navires avaient été immobilisés avant de pouvoir repartir, après paiement d’amendes pour les deux derniers.

La France a annoncé le 8 avril son intention de doubler les peines applicables aux infractions de défaut de pavillon et de refus d’obtempérer afin de renforcer ses moyens de lutte contre les navires de la flotte fantôme russe, selon des sources concordantes.