
Guerre au Moyen-Orient : l’Iran menace d’une réponse « imminente » après le raid israélien à Beyrouth. Trump évoque un accord « dans quelques heures ».
Le Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran a averti d’une réponse « imminente » au raid israélien dans la banlieue sud de Beyrouth. Trois personnes ont été tuées dimanche dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, tandis que six blessés ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise.
Les déclarations se sont multipliées ce dimanche, créant un flou quant à la possibilité d’un accord de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis. La dernière en date, formulée dimanche soir par l’Iran, émane du Conseil suprême de sécurité nationale, l’organe de sécurité le plus élevé du pays, qui a mis en garde contre une réponse « imminente » au raid israélien sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien.
« La réponse des combattants de l’islam est imminente (…) Le Liban est notre vie et la violation des lignes rouges de la République islamique ne sera pas tolérée« , a affirmé Mohammad-Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil, sur le réseau social X.
Peu avant, le président américain s’était exprimé auprès du média Axios, annonçant qu’un accord pour un cessez-le-feu avec l’Iran serait signé « dans quelques heures« , après des retards causés par Israël et ses frappes sur le Liban.
« Ça a tout chamboulé. Ça a retardé la signature de quelques heures. Ça devait avoir lieu maintenant. C’est désormais prévu dans quelques heures« , a déclaré le républicain lors d’un appel téléphonique selon Axios, exprimant sa frustration envers le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu’il a vivement réprimandé au sujet des frappes contre Beyrouth.
Plus tôt dans la journée, le principal négociateur iranien avait condamné « l’agression » israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, affirmant que cela « démontrait une fois de plus que les États-Unis n’ont soit pas la volonté de respecter leurs engagements, soit la capacité de le faire ». L’Iran conditionne tout accord avec les États-Unis à un cessez-le-feu complet, y compris au Liban.
« Si vous n’avez ni la volonté ni la capacité de tenir vos engagements, il est inutile de parler de poursuivre dans cette voie« , a ajouté Mohammad Bagher Ghalibaf sur X, en référence aux négociations en cours.
Un haut responsable de l’état-major iranien a également renchéri, affirmant que les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth ne resteraient pas « impunies ». « Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis« , a déclaré le général Mohammad-Jafar Assadi, vice-responsable du commandement interarmées iranien, cité par l’agence Defa Press.
De son côté, l’armée israélienne a fait savoir qu’elle se préparait à une attaque « potentielle » sur son territoire, selon un communiqué militaire. « À la suite de la frappe menée par Tsahal à Beyrouth, le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, tient des évaluations de situation continues avec l’ensemble des commandants concernés« , précise le communiqué, ajoutant que l’armée « se prépare à une potentielle attaque en direction du territoire israélien dans les prochaines heures ».
« L’attaque de ce matin à Beyrouth n’aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier où nous sommes si près d’un accord de paix avec l’Iran », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. « Nous sommes très proches d’un accord qui apportera la paix dans la région, y compris au Liban, et toutes les parties devraient faire preuve de retenue. Il ne devrait plus y avoir d’attaques israéliennes nulle part au Liban, mais il ne devrait pas non plus y avoir d’attaques de la part d’aucune autre partie, y compris le Hezbollah, contre Israël (…) Ne gâchons pas tout!« , a-t-il ajouté.
Trois morts dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth
Trois personnes ont été tuées dimanche lors d’une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, marquant la deuxième attaque en une semaine par Israël, qui affirme avoir réagi à des tirs du Hezbollah pro-iranien sur le nord de son territoire.
Suite à cette attaque, l’Iran a accusé les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements, son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, jugeant « inutile de poursuivre » les pourparlers si les engagements ne sont pas tenus.
Ces frappes pourraient compromettre la signature d’un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, un accord annoncé par Donald Trump pour dimanche. L’Iran avait prévenu qu’atteindre la capitale libanaise constitue une ligne rouge, un argument utilisé pour justifier des tirs de missiles contre Israël une semaine auparavant.
Israël a annoncé des frappes « dans le quartier de la Dahiyé, à Beyrouth […] en réponse aux tirs du Hezbollah en direction du territoire israélien », selon une déclaration du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a ajouté que « Israël ne tolérera aucune attaque sur son territoire« .
L’armée israélienne a affirmé avoir « frappé avec précision » un site d’infrastructure du Hezbollah, la banlieue sud de Beyrouth étant considérée comme un des bastions du mouvement chiite.
De son côté, l’agence nationale d’information libanaise (Ani) a rapporté une frappe à Ghobeiry, un faubourg sud de la capitale libanaise. Un correspondant de l’AFP a observé de la fumée et de la poussière s’élever près d’un appartement endommagé, tandis que des débris recouvraient la rue commerçante et que des habitants cherchaient des survivants dans une ambiance de panique.
Trois corps ont été extraits des décombres et « six blessés » ont été hospitalisés, selon la défense civile libanaise. Plus tôt, l’armée israélienne avait signalé que son territoire avait été ciblé par des drones venant du Liban, sans faire de victimes. Le Hezbollah a revendiqué plusieurs attaques contre des soldats israéliens dans le sud du Liban, mais n’a pas rapporté d’attaque contre le nord d’Israël jusqu’à présent.
Des responsables israéliens, y compris le Premier ministre, avaient averti que leur pays frapperait le sud de Beyrouth si le Hezbollah, soutenu par l’Iran, visait des localités du nord d’Israël, position également soutenue par Washington.
Plus tôt dans la journée, deux ministres israéliens d’extrême droite avaient appelé à des frappes de représailles sur les banlieues sud de Beyrouth. En outre, l’agence de presse officielle libanaise Ani a rapporté des frappes israéliennes sur plus d’une douzaine de localités dans le sud du pays, avant et après les avertissements de l’armée israélienne qui avait appelé à l’évacuation d’environ une trentaine de localités.
