Belgique

Grève de cinq jours des agents pénitentiaires dès dimanche soir contre surpopulation, insalubrité et manque de personnel.

Les syndicats de la fonction publique pénitentiaire expriment leur frustration face à l’inaction persistante des autorités concernant les conditions de vie et de travail dans les prisons belges. Ils dénoncent des problèmes chroniques tels que la surpopulation, le manque de personnel et l’état déplorable des infrastructures.

Grégory Wallez, secrétaire fédéral de la CGSP-Services publics, a récemment effectué une tournée des établissements pénitentiaires du pays. Son constat est alarmant : « Nous avons pris la décision de voir tous les établissements pénitentiaires en Belgique et de voir en fait ce qui n’allait pas dans ces établissements. Le constat a été alarmant. »

Les témoignages des agents pénitentiaires révèlent une situation intenable. Wallez souligne que les mêmes problématiques reviennent sans cesse : « Régulièrement les mêmes points sont revenus, donc surpopulation, matelas à terre, dégradation des bâtiments, voire vie insalubre par moments. » Il ajoute que les conditions de travail des agents deviennent de plus en plus insoutenables, sans parler des conditions de détention des prisonniers. « Franchement, c’est honteux de la part de l’État belge de laisser des personnes comme ça, même s’ils sont condamnés et qu’ils doivent suivre une détention. On trouve ça aussi inadmissible. Et donc voilà, quand c’est stop, c’est stop. »

Concernant la pénurie de personnel, il évoque la prison d’Arlon, qui ne fonctionne qu’à 86 % de ses capacités. « Si je prends l’exemple de la prison d’Arlon, on a 86% d’équivalent temps plein au lieu de 100%. »

Un autre sujet de préoccupation est la récente décision gouvernementale d’instaurer un service minimum lors des grèves. Auparavant, les agents pouvaient faire grève pendant 48 heures avant d’être réquisitionnés. Cependant, un arrêté royal a modifié cette règle, permettant aux autorités de réquisitionner le personnel dès les 24 premières heures de grève. Cette mesure, soutenue par la ministre de la Justice Annelies Verlinden, vise à réduire l’impact des grèves sur la sécurité publique, qui mobilisaient souvent la police ou la Croix-Rouge.

Les syndicats, cependant, voient cette décision comme une atteinte au droit de grève. Wallez déclare : « Pour nous, c’est réellement une trahison de la ministre de la Justice. Il n’y a plus lieu de faire 24 heures de grève. Et donc maintenant, forcément, les préavis seront avec plusieurs jours de grève. » Actuellement, seule la prison de Marche-en-Famenne a demandé des réquisitions, mais la situation pourrait évoluer, notamment à Bruxelles où des réquisitions pourraient être nécessaires pour les prisons de Forest et Saint-Gilles.

Les réquisitions visent à garantir un certain nombre de services essentiels pour les détenus, tels que les repas, les visites et l’hygiène. Toutefois, ces services ne seront pas nécessairement disponibles chaque jour, ce qui pourrait affecter la vie quotidienne des prisonniers.

Les syndicats restent déterminés et ne prévoient pas de relâchement dans leur lutte. Un bras de fer s’est engagé, et ils n’hésiteront pas à intensifier leurs actions si les problèmes persistants ne sont pas pris en compte.