Belgique

Grève chez Bpost : préaccord de la direction, syndicats pas confirmés.

Bpost évoque un accord basé sur cinq points principaux, dont la majorité des services prendra fin vers 17 heures et le maintien du titulariat est garanti. Côté syndical, on estime que l’accord n’est pas définitif mais portait sur le fait d’entamer la discussion sur ces cinq points.


Alors que Bpost a publié son communiqué vers 20 heures, aucun retour ne nous a été fait du côté des syndicats, ce qui a suscité des interrogations, d’autant plus que ceux-ci étaient mobilisés et communiquaient depuis le début de la semaine. Ce silence a généré des doutes quant à la clarté de l’accord.

Selon nos informations, il n’y aurait pas d’accord, ou en tout cas pas d’accord de sortie de crise. Les perceptions sont visiblement divergentes.

La direction a mentionné qu’il s’agissait d’« un accord basé sur 5 points principaux » :

– La majorité des services termineront vers 17 heures
– La garantie du maintien du titulariat
– Assurance des services complets sur 5 jours à horaire fixe
– Constitution d’un pool interne afin de limiter au maximum le recours à la sous-traitance externe
– Consensus visant à une augmentation de 2€ des chèques repas dans le cadre de la convention collective de travail

Pour les syndicats, cet accord n’est pas définitif, mais représente un début de discussion sur ces cinq points.

Il est important de rappeler que la mise en œuvre du plan de transformation, initié par la direction de l’entreprise postale et logistique pour la distribution des colis et du courrier, est au cœur de la crise qui touche Bpost depuis plus de 20 jours. Une partie des employés, notamment en Wallonie, est partie en grève, et plusieurs piquets ont été dressés dans différents centres de tri.

Les divergences d’interprétation sur le fond pourraient avoir des conséquences lourdes pour l’avenir. Une reprise du travail ce vendredi semble peu probable, étant donné qu’il semble également y avoir un manque de communication.

Du côté syndical, il a été promis à la médiation de s’abstenir de communiquer. En général, un accord syndical nécessite la validation de la base. Cependant, le communiqué de Bpost évoquant un pré-accord entrave les représentants syndicaux. Les employés grévistes pourraient se sentir trompés, éloignant d’autant plus la résolution de la crise.

De la part de la direction, il est pourtant confirmé qu’un communiqué devait effectivement être publié à 20 heures. Reste à savoir si c’était le texte convenu, ce qui n’est pas certain.

Avec une annonce qui pourrait être considérée comme prématurée, la direction de l’opérateur postal a sans doute entravé la médiation mise en place quelques heures auparavant. Cette déclaration risque de briser le peu de confiance qu’il y avait autour de la table, éloignant la perspective d’une résolution rapide de la crise, tout en plaçant les syndicats en position délicate vis-à-vis de leur base.

La reprise du travail sera-t-elle effective ce vendredi ? Rien n’est moins sûr. L’objectif de résorber rapidement l’arriéré de colis et de courriers accumulé durant la grève est désormais reporté sine die.

Dans son communiqué, Bpost évoque que la majorité des services se termineront vers 17 heures, tout en garantissant des services complets sur cinq jours à horaires fixes et le maintien du titulariat. L’entreprise indique également qu’elle prévoit de constituer un pool interne pour réduire au maximum le recours à la sous-traitance externe. La valeur des chèques-repas serait augmentée de deux euros dans le cadre de la convention collective de travail.

Bpost assure que le plan de transformation sera mis en œuvre progressivement et reconnaît « l’impact des mesures » sur « le rythme de travail et la vie des factrices et facteurs et de leurs responsables ».

**Réaction de la ministre Matz**

« Je me réjouis qu’un préaccord né du processus de conciliation mis en place mardi soir à mon initiative ait pu être trouvé entre la direction et les organisations syndicales et soit soumis à la base. Cela montre que même dans des situations difficiles, le dialogue social reste la meilleure voie pour avancer. Je tiens à saluer le sens des responsabilités des différentes parties ainsi que le travail des conciliateurs, qui ont permis de recréer les conditions d’un dialogue constructif et de sortir de l’impasse », a réagi la ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, Vanessa Matz.