France

Côtes-d’Armor : enquête sur la mort d’une habitante bretonne, « de maire à criminel »

Michel Daugan, maire de Plouasne, a été mis en examen pour « arrestation arbitraire » et « violences volontaires ayant entraîné la mort » et a été placé en détention provisoire. Un conseiller municipal a également été mis en examen pour les mêmes faits et a été laissé libre sous contrôle judiciaire.


Mercredi, Michel Daugan, le maire de Plouasne dans les Côtes-d’Armor, a été mis en examen pour « arrestation arbitraire » et « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Il a été placé en détention provisoire. Un conseiller municipal a également été mis en examen pour les mêmes faits et a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Cet incident a suscité l’indignation en Bretagne.

Selon le procureur de la République de Saint-Malo, Fabrice Tremel, le maire et le conseiller municipal cherchaient à faire hospitaliser en psychiatrie une femme de 66 ans, décrite comme « désorientée » et causant des troubles dans son voisinage. Cette sexagénaire vivait isolée et se déplaçait souvent à vélo, vêtue d’un gilet jaune.

Accompagnés de deux autres individus, les deux élus ont empêché la femme de regagner son domicile et auraient intervenu physiquement pour la maintenir au sol. Des vidéos témoins indiquent que cette situation a duré environ 15 minutes.

« Je pense qu’il y a eu un effet de groupe, ils ont fait une bêtise », a déclaré Yannick Pichon, retraité de 62 ans et voisin du conseiller municipal impliqué, à l’AFP.

Une pression physique a été exercée sur la victime pour la maintenir au sol. La femme a été attachée au niveau des jambes à l’aide d’une sangle et d’une corde apportées par deux des intervenants.

Les résultats de l’autopsie et des expertises en cours devront établir les causes exactes de son décès. Les faits se sont déroulés devant sa longère, située dans un hameau éloigné du village.

Le procureur a précisé que le maire n’avait pris aucun arrêté municipal pour une hospitalisation sous contrainte et n’avait pas délivré le certificat médical requis pour une telle mesure. L’intervention s’est donc réalisée sans le cadre légal nécessaire pour une hospitalisation psychiatrique forcée.

Le contexte électoral a-t-il pu jouer dans cette affaire ? L’atmosphère à Plouasne était déjà tendue suite aux dernières élections municipales de mars. La réélection de Michel Daugan, en fonction depuis près de vingt ans, a été fortement contestée. Les listes concurrentes avaient reçu exactement le même nombre de voix. C’est finalement celle du maire qui a triomphé, conformément à la règle du code électoral selon laquelle, en cas d’égalité, c’est la moyenne d’âge la plus élevée qui prime. « Tout porte à croire qu’il ne fallait pas qu’il soit réélu », regrette une habitante, déplorant que Michel Daugan passe « de maire à criminel ».