
G20 Finance aux Etats-Unis : « malaise » face à la présence surprise du ministre russe
La présence du ministre russe des Finances, Anton Soulianov, au sommet des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, a suscité des tensions palpables parmi les délégations occidentales. François-Philippe Champagne, son homologue canadien, a exprimé un certain malaise à ce sujet, soulignant que cette invitation a « créé un malaise, sans aucun doute ». Soulianov, traditionnellement évité par les pays occidentaux, a été accueilli à la table des discussions grâce à l’invitation de Washington, où il a également eu l’occasion de discuter avec Scott Bessent, le ministre des Finances américain.
L’Union européenne a pris des mesures pour que Soulianov soit exclu de la traditionnelle photo de groupe, un geste symbolique fort. En effet, les médias n’ont pas été autorisés à couvrir cet événement, ce qui est inhabituel. Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a clairement affirmé : « Ce n’est pas le moment de normaliser la Russie ou la présence de la Russie à ce genre de réunion ». Il a également exprimé ses réserves à discuter avec des représentants d’un régime en guerre, en soutenant fermement l’Ukraine et son peuple.
Les discussions à Asheville ont également été marquées par des préoccupations concernant l’Iran. Scott Bessent a plaidé pour une isolation accrue de Téhéran, tout en promouvant des politiques de dérégulation qu’il considère comme essentielles pour la croissance économique. Il a annoncé son intention de placer deux banques sur une liste noire pour leurs relations commerciales avec l’Iran.
Les tensions se sont intensifiées avec l’exclusion de l’Afrique du Sud, membre du G20, que les États-Unis accusent sans preuves de persécuter les fermiers blancs. De plus, plusieurs journalistes de médias influents, tels que le New York Times et le Wall Street Journal, n’ont pas été accrédités pour l’événement.
La prochaine réunion du G20 se tiendra en décembre au sein d’un complexe de golf appartenant à Donald Trump à Miami. James Lindsay, analyste au Council on Foreign Relations, a exprimé des doutes quant à l’efficacité de ce sommet, notant les profondes divergences entre les États-Unis et la Chine, ainsi qu’avec leurs alliés. La situation commerciale entre les États-Unis et le Canada, marquée par des droits de douane punitifs, ajoute une couche de complexité à ces relations internationales déjà tendues.
