Belgique

Fusillades à Bruxelles : le procureur Julien Moinil alerte sur les dangers.

Ce vendredi matin, le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, a tenu une conférence de presse dans une salle bondée, témoignant de l’inquiétude croissante face à la violence armée qui sévit dans la capitale. Il a rappelé une situation similaire survenue il y a un an et demi, après une fusillade à la station Clémenceau, soulignant la répétition troublante de tels événements.

Moinil a ouvert son intervention avec des déclarations percutantes : « Depuis le 8 février, plus de 150 fusillades ont eu lieu. Ce phénomène ne montre aucun signe de déclin. Il se manifeste par vagues, mais avec une dangerosité croissante. Ce que j’avais précédemment évoqué, à savoir que ‘n’importe qui peut se prendre une balle’, s’est malheureusement révélé exact. » Il a illustré son propos avec des exemples tragiques, notamment celui d’un père de famille devenu paraplégique après avoir été touché par une balle, un incident survenu en avril 2026.

Le procureur a également évoqué une série d’incidents récents, dont une attaque contre un commissariat de police, soulignant l’urgence de la situation. Il a mis en lumière l’âge des auteurs des fusillades, citant des cas où des jeunes nés en 2005 et 2009 sont déjà impliqués dans des actes criminels. « Je tiens à rassurer les citoyens, la réponse est immédiate de la part de la police et de la justice », a-t-il affirmé.

Concernant l’origine de cette violence, Moinil a expliqué qu’elle est liée à un conflit entre deux groupes criminels impliqués dans le trafic de stupéfiants, en proie à des représailles. Il a précisé que, bien que l’attaque du commissariat soit préoccupante, son lien avec les autres fusillades n’est pas encore établi.

Les perspectives d’avenir sont sombres, selon le procureur. « Les fusillades vont-elles se calmer ? Non. Y en aura-t-il d’autres ? Oui. Y a-t-il un risque pour les citoyens ? OUI ! » a-t-il déclaré, ajoutant que tant que les chefs de réseaux criminels ne sont pas neutralisés, la violence continuera. En 2025, 102 fusillades ont été recensées, suivies de 69 en 2026, avec des arrestations de 93 individus majeurs et 14 mineurs.

Pour faire face à cette situation, le ministre de l’Intérieur, Bernard Quitin, a annoncé le renforcement des effectifs policiers avec 40 agents supplémentaires. Moinil a salué cette initiative, tout en appelant à davantage d’enquêteurs pour lutter efficacement contre le narcotrafic. Il a également plaidé pour l’installation de brouilleurs d’ondes GSM dans les prisons, afin d’empêcher les chefs de réseaux de continuer à donner des ordres depuis leur cellule.

En conclusion, Moinil a exprimé son mécontentement face au manque de moyens accordés à la justice, espérant que les efforts pour lutter contre la criminalité seront accélérés. « Nous travaillons d’arrache-pied malgré le peu de moyens que nous possédons », a-t-il ajouté, critiquant le rythme des réformes gouvernementales.