
« Elisabeth Degryse : ‘L’enseignement devait faire sa part’, Jeudi en Prime »
La rentrée scolaire a été marquée par des tensions en région liégeoise, où quatre établissements ont décidé de se mettre en grève. Les enseignants, insatisfaits des réponses apportées à leurs revendications, ont également vu leurs syndicats déposer un préavis de grève valable jusqu’à la fin septembre. Ils contestent les réformes et les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement d’Elisabeth Degryse (Les Engagés).
La Ministre-présidente a exprimé sa satisfaction quant à la bonne marche de la rentrée dans la majorité des écoles, tout en reconnaissant la persistance des désaccords. « Notre volonté est de renouer le dialogue », a-t-elle affirmé, tout en précisant que cela ne remet pas en question les décisions budgétaires prises en octobre 2025. Elle a insisté sur la nécessité de maîtriser le budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tout en reconnaissant que l’enseignement, comme d’autres secteurs, a dû faire des sacrifices.
Elisabeth Degryse a tenté de rassurer en affirmant que son gouvernement n’a pas l’intention de revenir sur des mesures significatives à chaque conclave. Elle a souligné que les économies touchent l’ensemble des compétences de la Fédération, et que l’enseignement n’est pas le seul secteur à souffrir.
Les syndicats de l’enseignement critiquent également le manque de concertation avec Valérie Glatigny, la ministre de l’Éducation. Cette dernière, selon Degryse, rencontre régulièrement les syndicats et les directions d’écoles, mais certains estiment que ces échanges ne mènent pas à de véritables concertations. Degryse a réaffirmé le soutien du gouvernement à Glatigny et son engagement à établir de véritables structures de dialogue.
Concernant les économies, le gouvernement a décidé de réduire les moyens alloués aux écoles, impactant notamment la fourniture de matériel scolaire et la distribution de repas. « Les écoles doivent faire plus avec moins », a déploré Degryse, tout en reconnaissant que certaines écoles ont reçu plus de moyens que d’autres. Elle a également évoqué la nécessité de repenser les systèmes de repas scolaires, qui ont été affectés par des réductions budgétaires.
Un autre sujet sensible concerne la fin de la gratuité totale pour les activités parascolaires dans les académies de musique. Degryse a précisé que des exemptions existent pour certains groupes, notamment les enseignants et les bénéficiaires de l’aide sociale. Elle a également souligné qu’il est trop tôt pour évaluer l’impact de cette mesure sur les inscriptions.
La question du minerval dans l’enseignement supérieur a également été abordée. Le gouvernement a mis en place une réforme qui introduit quatre catégories de frais, allant de 0 euro pour les boursiers à 1194 euros pour les étudiants dont les parents dépassent un certain seuil de revenus. Degryse a reconnu que cette réforme pourrait être difficile pour certains, mais a insisté sur la simplification des démarches pour les étudiants.
Enfin, la Ministre-présidente a évoqué les défis financiers auxquels fait face la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui dépense plus qu’elle ne perçoit et qui ne peut pas instaurer de nouveaux impôts. La réduction du déficit ne peut passer que par une diminution des dépenses. Degryse a appelé à une solidarité intrafrancophone pour l’avenir de la Fédération, affirmant que celui-ci dépendra des francophones.
