Belgique

Ecolo demande un « plan de sécurité climatique », le PS présente ses pistes budgétaires.

Ecolo a lancé un appel pressant aux gouvernements belges, les exhortant à sortir de leur « inaction » face aux défis posés par le dérèglement climatique. Lors d’un événement au domaine de Massembre, où environ 600 membres se sont réunis, le parti a plaidé pour un investissement accru dans l’adaptation aux changements climatiques. Parallèlement, le président du Parti Socialiste, Paul Magnette, a proposé des pistes pour améliorer les finances publiques, alors que les discussions sur le budget fédéral de 2027 approchent. Ces déclarations ont eu lieu lors des événements de rentrée politique des deux partis, respectivement le festival d’Ecolo et le Family Day du PS à Durbuy.

Ecolo a insisté sur la nécessité d’investir 1% du PIB chaque année pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique, ce qui représenterait environ 6 milliards d’euros annuels. Les co-présidents, Gilles Vanden Burre et Marie-Colline Leroy, ont souligné que la Belgique n’est pas suffisamment préparée à ces enjeux, citant des épisodes récents de canicule, de sécheresse et d’incendies. Ils ont demandé une déclaration d’urgence climatique et ont présenté deux plans d’action : un « plan incendie » pour renforcer les services d’incendie et un « plan fraîcheur » pour atténuer les effets des fortes chaleurs, notamment par la végétalisation des villes et l’adaptation des infrastructures scolaires.

Marie-Colline Leroy a évoqué les difficultés rencontrées par les familles pendant les vagues de chaleur, soulignant que beaucoup ont dû improviser pour trouver un peu de fraîcheur chez elles. Les écologistes ont également mis en avant la dimension sociale de l’adaptation, arguant que tous les ménages n’ont pas les mêmes ressources pour se protéger des événements climatiques extrêmes. Gilles Vanden Burre a affirmé que l’économie doit s’adapter aux limites de la planète, rejetant l’idée de « catastrophes naturelles » en liant les crises climatiques à l’activité humaine.

À Durbuy, Paul Magnette a centré son discours sur les enjeux budgétaires, devant environ 2.500 participants au Family Day du PS. Il a interpellé les grandes fortunes, notamment l’homme d’affaires Marc Coucke, en lui demandant de continuer à investir en Wallonie tout en acceptant de payer un peu plus d’impôts. Le président du PS a critiqué une fiscalité qu’il considère déséquilibrée, affirmant que les revenus du travail sont plus lourdement taxés que les grandes richesses.

Dans le cadre de la préparation du budget fédéral 2027, le gouvernement vise à dégager 10 milliards d’euros d’économies. Le PS a qualifié l’exécutif d' »échec total » sur plusieurs fronts, y compris budgétaire et climatique. Magnette a proposé diverses mesures pour augmenter les recettes, comme une hausse de 1% des salaires, une réduction des dépenses militaires, et une contribution accrue des secteurs jugés rentables, tels que les banques et l’énergie. Il a également plaidé pour une révision des aides aux entreprises et une taxation des grandes fortunes, estimant que ces mesures pourraient générer entre 15 et 20 milliards d’euros « sans toucher aux travailleurs et aux pensionnés ».

Enfin, Paul Magnette a critiqué le Premier ministre Bart De Wever, lui reprochant de promouvoir l’idée qu’il n’existe pas d’alternative à la politique actuelle, affirmant que cette assertion est totalement fausse.