
Dossier Dexia/Belfius : les coopérateurs Arco menacent, toujours pas de dédommagements
Le gouvernement De Wever se trouve confronté à une pression croissante alors qu’il s’apprête à vendre 20% de Belfius. Ce mardi matin, une conférence de presse a eu lieu au Résidence Palace à Bruxelles, réunissant des collectifs de plaignants de l’ancienne holding Arco, qui représente près de 30.000 coopérateurs. Ces derniers, soutenus par Arco Claim et Deminor, exigent d’être « enfin » indemnisés dans le cadre de cette vente partielle, avec une compensation estimée à 600 millions d’euros. Ce dossier, que l’on croyait clos, refait surface avec force.
L’histoire d’Arco remonte à 2008, lors d’une crise financière mondiale qui a conduit à la chute de la banque franco-belge Dexia. Pour sauver l’institution, une augmentation de capital a été mise en place, à laquelle les coopérateurs d’Arco ont contribué à hauteur de 350 millions d’euros, sous l’impulsion de l’État, qu’ils estiment les avoir « trompés ». Dexia Banque a alors pris en gage les actifs d’Arco, avec la promesse d’une garantie d’État pour protéger les coopérateurs.
Trois ans plus tard, la situation s’est aggravée avec la nationalisation de Dexia, entraînant la liquidation d’Arco et la perte de 1,5 milliard d’euros d’épargne pour près de 800.000 coopérateurs. Les gouvernements successifs, de Leterme à Michel, ont promis des garanties qui ont été rejetées par la justice belge et européenne. En 2017, un « plan B » a été évoqué, proposant une compensation liée à une vente partielle de Belfius, initialement prévue à 30%. Un accord a été annoncé en juillet 2018, stipulant que la compensation de 600 millions d’euros serait financée par le Mouvement ouvrier chrétien, Arco, Belfius et le gouvernement fédéral, avec une part importante provenant d’un dividende extraordinaire de Belfius.
Cependant, cette promesse de privatisation partielle n’a jamais été honorée. En 2025, alors que le gouvernement De Wever annonce la cession de 20% de Belfius, les coopérateurs tentent d’engager un dialogue, mais se heurtent à une « omerta du monde politique », selon Deminor. Pendant ce temps, le gouvernement aurait déjà perçu un dividende de 500 millions d’euros, sans en redistribuer une partie.
Face à cette situation, en avril 2026, les coopérateurs mettent le gouvernement en demeure de respecter l’accord de 2018, qu’ils jugent « toujours valable ». Les associations représentant les coopérateurs prévoient de nouvelles actions judiciaires pour défendre leurs droits. Elles annoncent également le lancement de « la plus grande action collective jamais lancée en Belgique », invitant ceux qui ne se sont pas encore mobilisés à rejoindre la cause.
Les deux associations ont déjà pris contact avec des acheteurs potentiels pour les informer de la situation et de l’attente d’une compensation. Erik Bomans de Deminor souligne que ces acquéreurs doivent être conscients des enjeux juridiques, qui leur sont opposables en cas de jugement. En outre, Arco Claim et Deminor insistent sur la « lourde responsabilité morale » des partis politiques dans ce dossier, qui a été traité par la plupart d’entre eux depuis 2011.
