Belgique

Deux ans après les élections, le MR et les Engagés ne fêtent pas.

Les sondages montrent un glissement des intentions de vote de la droite vers la gauche, avec un constat de volatilité record observée le 9 juin 2024. Le déficit budgétaire laisse peu de place à d’importantes réductions d’impôts, avec des discussions sur l’augmentation des taxes au fédéral et la suppression de la réforme des droits de successions en Wallonie.

Un anniversaire amer pour le MR et Les Engagés

Il s’agit d’un anniversaire. Pourtant, il semble que les deux grands partis ayant remporté les élections ne soient pas en mesure de célébrer. Les sondages en baisse, le déficit budgétaire et les contestations multiples leur font vivre un moment difficile. On pourrait presque oublier la remontée spectaculaire des Engagés, qui ont profité de l’effondrement d’Ecolo, ainsi que le triomphe de Georges-Louis Bouchez. Le MR a bénéficié de transferts de voix importants en provenance du PS, de partis encore plus à droite et d’abstentionnistes. Une nouvelle étude du CRISP sur les transferts de voix confirme le caractère exceptionnel de cette élection, où un électeur sur deux dans le sud a changé de parti, un score jamais observé auparavant.

Bilan de la majorité en Wallonie après deux ans

Deux ans après, MR et Engagés commencent à dresser un bilan. Cela est particulièrement visible en matière de marché du travail : avec la limitation dans le temps des allocations de chômage au niveau fédéral, la généralisation des flexijobs et la restriction du travail de nuit. En région, on peut mentionner la baisse des droits d’enregistrement en Wallonie, la réforme des primes énergie et celle du Forem. Ces mesures traduisent un tournant à droite qui se concrétise, avec des réformes historiques pour les coalitions au pouvoir, à l’exception de Bruxelles, où il est encore trop tôt pour évaluer la situation.

Retour à la réalité après le succès des élections de 2024

Malgré cela, le MR et Les Engagés ne célèbrent pas. Ils font face à des réalités budgétaires difficiles. Au niveau fédéral comme en Wallonie, l’euphorie des victoires a conduit à des prévisions initiales trop optimistes, reposant sur des effets de retour illusoires. L’augmentation des dépenses de défense fédérales et le coût des droits d’enregistrement en Wallonie ont alourdi la situation financière. Actuellement, c’est un retour brutal à la réalité. En Fédération Wallonie-Bruxelles, l’évaluation des comptes est déjà en cours et se révèle complexe.

De plus, les sondages ne sont pas favorables à la droite. En particulier pour le MR, qui perd des voix au profit des Engagés, tandis que ces derniers perdent eux-mêmes des voix au profit du PS. Le PTB enregistre également un renforcement. Si les Engagés réussissent à se maintenir grâce aux voix du MR, il existe néanmoins un glissement observé dans les sondages des intentions de vote, de la droite vers la gauche. La volatilité record observée le 9 juin 2024 est toujours d’actualité.

La principale raison de cette évolution réside dans le décalage entre la promesse de campagne et la réalité. Une promesse de rééquilibrage entre les travailleurs, jugés méritants, et ceux qui ne travaillent pas ou pas assez (chômeurs, fonctionnaires, malades de longue durée). Bien que les réformes visant à réduire les transferts sociaux soient mises en œuvre, leurs effets sur la fiche de paie des travailleurs ne sont pas encore ressentis.

Il reste trois ans pour inverser cette tendance. Cependant, le déficit budgétaire ne laisse guère de marge pour d’importantes réductions d’impôts, au contraire, des hausses de taxes au niveau fédéral et un retour en arrière en Wallonie sont annoncés, y compris la suppression de la réforme des droits de succession. Il est peu probable que Patrick Sébastien résonne encore aujourd’hui au sein du MR et des Engagés.