Belgique

Désengagement américain en Europe : l’OTAN survivra sans les États-Unis ?

Des tensions sur l’Otan ne sont pas récentes : « Il y a toujours eu des passes d’armes entre les États-Unis et l’Europe sur la question du fameux partage du fardeau ». À l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, sa logique de « boutiquier » l’a mené à comparer les 4,2% du PIB des Etats-Unis aux niveaux européens : 1,2% pour l’Allemagne à l’époque, quand l’objectif était de 2%.

Chargement…des tensions sur l’Otan ne sont pas récentes : « Il y a toujours eu des passes d’armes entre les États-Unis et l’Europe sur la question du fameux partage du fardeau« .
Un F-35 norvégien © John MACDOUGALL / AFP

Deux raisons économiques continuent de jouer en faveur d’une collaboration américaine : « D’une part, les budgets de défense européens montent en flèche, signale Julien Pomarède. Ensuite, il y a quand même beaucoup de matériel américain qui a été acheté par les Européens ces dernières années. Les F-35 par la Belgique, le Danemark, la Pologne, la Roumanie. Des batteries de missiles Patriot par les Allemands. La Pologne a acheté beaucoup de matériel américain, que ce soit des tanks ou encore des lance-roquettes. Il y a des passes d’armes diplomatiques, mais le marché de l’armement, le complexe militaro-industriel qui est assis à l’intérieur de l’Otan, lui, se porte très bien« .

Mieux répartir le fardeau

Derrière tout ce bruit, il y a bien sûr l’objectif de Donald Trump d’obtenir que les Européens augmentent leur budget défense. Objectif : consacrer 5% de son PIB à la défense. Une feuille de route remplie par peu de pays, comme la Pologne, exemplaire.

L’exigence américaine est ancienne, elle était tout simplement formulée de manière plus diplomatique par les prédécesseurs de Donald Trump, note Tanguy de Wilde.

À l’ arrivée au pouvoir de Donald Trump, sa logique de « boutiquier » l’a mené à comparer les 4,2% du PIB des Etats-Unis aux niveaux européens : 1,2% pour l’Allemagne à l’époque, quand l’objectif était de 2%.

Le scénario du pire

Dans le scénario hautement improbable où les Etats-Unis quitteraient l’Otan, l’Alliance se retrouverait à 31 États, et serait plus européenne, tout en restant atlantique avec la présence du Canada, puissance moyenne.

Que se passerait-il alors ? Selon le professeur Tanguy de Wilde, « c’est de la fiction, c’est théorique… Le retrait américain entraînerait-il le retrait de tout le matériel ? À ce moment-là, ça ne se remplace pas en un mois, bien évidemment. Ça se prépare, mais c’est ce qui est en train d’être préparé. Donc, à l’heure actuelle, par exemple, pour le soutien à l’Ukraine, c’est plutôt les Européens qui payent, mais ça reste quand même du matériel américain« .

Une Alliance recentrée sur l’Europe demanderait en tout cas des années de préparation, avec des montagnes de défis politiques et budgétaires.

Ses institutions continueraient à fonctionner en cas de départ américain : le siège bruxellois de l’institution, récent, resterait ancré dans notre capitale. Par contre le commandement militaire, qui revient à un Américain changerait de main, mais pas son Grand Quartier général des puissances alliées en Europe, le « Shape » à Casteau (Maisières près de Mons) qui serait juste « remodelé », sans les forces américaines.

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