Belgique

Des fruits et légumes moins nombreux et plus chers d’ici l’automne ? La sécheresse impactera votre portefeuille.

Cet été, les conditions climatiques ont eu un impact significatif sur la production agricole, entraînant des conséquences notables pour les consommateurs. Alors que certains fruits, comme les pêches et les abricots, ont bénéficié d’un ensoleillement optimal, d’autres cultures, notamment les framboises, ont souffert de la sécheresse.

Les responsables des Coopératives U et Carrefour en France alertent sur le fait que les clients devront s’attendre à trouver des fruits et légumes de taille réduite dans les supermarchés. En Belgique, la situation n’est pas différente, avec des producteurs qui ressentent également les effets de ces conditions climatiques extrêmes.

Gwenaël du Bus, agriculteur bio à Grez-Doiceau dans le Brabant Wallon, témoigne des pertes importantes dans sa production. « Les coups de chaleur nous ont empêchés carrément d’avoir certains types de légumes », indique-t-il. Selon ses estimations, il a enregistré jusqu’à 50% de pertes pour les haricots et 40% pour les tomates. L’excès de chaleur et le manque d’eau ont également conduit à l’avortement de plusieurs variétés de poivrons, tomates et aubergines.

L’irrigation, bien que nécessaire, représente un coût élevé pour les producteurs. Du Bus précise que les frais d’arrosage peuvent atteindre 2000 à 3000 euros par hectare, et même avec cette dépense, le rendement reste inférieur à celui d’une pluie naturelle. « Si tout le monde se met à arroser, on va avoir des problèmes dans les nappes phréatiques », souligne-t-il, mettant en lumière la complexité de la situation.

Les températures élevées ont également favorisé la prolifération de certains insectes nuisibles. « On a eu des problèmes de puces qui adorent se retrouver dans un sol complètement cramé », explique-t-il. Les choux, en particulier, ont été durement touchés, affichant un retard de croissance de un à deux mois, ce qui laisse présager une récolte très limitée cet hiver.

Cette situation se traduit par une hausse des prix. « Certains choux sont au double du prix de l’an passé à la même saison », alerte Gwenaël du Bus. Il espère toutefois que le manque de production ne se traduira pas par une augmentation trop importante des prix pour les consommateurs. Néanmoins, il reconnaît que les prix des fruits et légumes de cette année ne seront pas comparables à ceux de l’année précédente. « Il y aura des gros trous et on devra vendre un peu plus cher des quantités moins importantes », ajoute-t-il.

Les conséquences de cette baisse de production se feront sentir particulièrement cet automne et cet hiver. « Les légumes que l’on a plantés au printemps, que l’on a conservés et que l’on vend tout l’hiver, à un moment donné, il n’y en aura plus », prévient-il. Alain Delvigne, conseiller au Centre Interprofessionnel Maraicher, partage cette analyse, soulignant que la tendance des prix est à la hausse en raison des intempéries et des chaleurs estivales. Bien que les pluies récentes puissent aider certaines cultures, elles ne suffiront pas à compenser entièrement les pertes déjà subies.