Belgique

Des étudiants gazaouis, boursiers en Belgique, restent bloqués à Gaza

Aïcha Aboubaïa, médecin au ministère de la santé à Gaza, nourrit de grands espoirs grâce à une bourse obtenue à l’Université Libre de Bruxelles, où elle souhaite se spécialiser en santé publique. Elle déclare : « Cette bourse me donne beaucoup d’espoir de pouvoir continuer mes études et avancer dans la vie. »

Dans le même contexte, Ahmed Abujami, originaire de Jabalia au nord de Gaza, partage une situation similaire. Ancien professeur à l’Université Al-Israa, il a également reçu une bourse de l’ULB et espère retourner à Gaza après ses études pour transmettre son savoir à ses collègues. Cependant, il se heurte à des difficultés pour quitter la région. Au total, treize étudiants de Gaza sont prévus pour la rentrée universitaire en Belgique, mais leur arrivée est pour l’instant compromise.

Les étudiants gazaouis font face à deux principaux obstacles qui entravent leur départ. Premièrement, les autorités belges exigent qu’ils se rendent physiquement dans un consulat ou une ambassade pour soumettre leur demande de visa. Anne Weyembergh, vice-rectrice aux relations extérieures de l’ULB, souligne que « tout le monde sait qu’à l’heure actuelle, il est totalement, pratiquement, impossible de quitter la bande de Gaza et de se rendre au consulat de Jérusalem, par exemple. »

Le second obstacle réside dans la nécessité d’une opération d’évacuation, qui devrait être organisée avec la coopération du gouvernement belge et de l’armée israélienne. Actuellement, il est indispensable qu’un pays tiers demande aux autorités israéliennes d’évacuer des personnes. Certains pays européens, tels que l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne et la France, ont déjà effectué ces démarches, permettant ainsi à des étudiants gazaouis de quitter leur territoire pour poursuivre leurs études.

Pourtant, la Belgique reste réticente à prendre de telles mesures. Herwig Leirs, recteur de l’UAntwerpen, exprime son inquiétude : « J’ai l’impression que la volonté politique de mettre cela en œuvre fait tout de même défaut. Si d’autres pays en sont capables, pourquoi cela ne serait-il pas possible en Belgique ? »

En juin dernier, une lettre signée par les recteurs des universités belges a été adressée au ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, ainsi qu’à la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Dans ce courrier, ils demandaient la possibilité de soumettre des demandes de visa à distance pour les étudiants et universitaires de Gaza, tout en sollicitant une aide pour leur évacuation.

Cependant, la réponse de Maxime Prévot a été claire : « C’est malheureusement impossible pour moi de vous aider dans votre requête. Dans l’état actuel des choses, le fait d’avoir ou non un visa n’a aucune incidence sur la possibilité de quitter Gaza. » Il a également précisé que la Belgique ne prévoyait pas de nouvelle opération d’évacuation pour le moment. La question d’une éventuelle évacuation sera discutée lors du conseil des ministres le 11 septembre, mais aucun consensus n’est encore établi au sein du gouvernement.