Belgique

Derrière la seconde main textile, des modèles aux objectifs différents

Oxfam affirme que la seconde main textile ne recouvre pas un seul marché, mais plusieurs modèles aux effets très différents. Selon le rapport cité, les circuits solidaires, les friperies commerciales et les plateformes entre particuliers n’ont ni les mêmes finalités ni la même empreinte environnementale.

Des impacts carbone très contrastés

Le document s’appuie sur des modélisations réalisées par le cabinet indépendant RDC Environnement à la demande d’Oxfam. Pour cinq kilos de vêtements orientés vers chacun des trois circuits étudiés, l’empreinte estimée varie fortement : 0,6 kg de CO2 pour les boutiques solidaires, 2,9 kg pour les friperies commerciales et 3,1 kg pour les plateformes de revente en ligne.

Oxfam en tire l’idée que l’étiquette « seconde main » peut masquer des réalités très différentes. L’ONG, qui possède plusieurs boutiques solidaires en Belgique, met en avant un modèle local où tri, collecte et revente sont pris en charge sur place, contrairement à certaines fripes lucratives qui importent massivement des vêtements depuis l’étranger, avec des transports supplémentaires à la clé.

Réemploi, commerce et surconsommation

La critique d’Oxfam ne porte pas seulement sur les émissions liées au transport. La chercheuse Marine Sporcecaldi, de l’ULB, estime que les dérives apparaissent surtout quand la seconde main alimente une consommation rapide, par exemple lorsqu’un vêtement est acheté puis revendu quelques jours plus tard sans avoir été porté.

Éloïse Bazin, chargée de plaidoyer à Oxfam France, juge que la seconde main reste utile si elle remplace un achat neuf, mais qu’elle ne règle pas le problème si elle s’ajoute aux achats habituels. Franck Kerckhof, de la Fédération Ressources, défend la même idée en rappelant que prolonger la durée de vie d’un produit n’a de sens environnemental que si les trajets et la logique d’échange ne deviennent pas disproportionnés.

Un secteur en recomposition

Le rapport souligne aussi que le secteur lucratif prend de plus en plus de place. Oxfam avance que six vêtements de seconde main sur dix sont vendus sur des marchés commerciaux. Les grandes marques de mode développent elles aussi des espaces dédiés à l’occasion et proposent des bons d’achat en échange de vêtements usagés. Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, estime que ces dispositifs peuvent encourager des achats supplémentaires.

Face à ces critiques, Vinted répond que sa plateforme ne se présente pas comme un substitut aux associations caritatives, mais comme un complément. L’entreprise affirme aussi que, transport compris, un achat de seconde main sur sa plateforme permettrait d’éviter en moyenne 2,39 kg d’équivalent CO2 par article par rapport à un achat neuf.

En Belgique, les Régions travaillent par ailleurs à la mise en place d’une responsabilité élargie des producteurs pour le textile. Ce futur cadre, fondé sur le principe du pollueur-payeur, doit faire contribuer les marques à la collecte, au tri, au réemploi et au recyclage. Pour la Fédération Ressources, cette réforme pourrait renforcer des acteurs déjà présents sur le terrain, à condition que le réemploi soit réellement soutenu.

Ce qu’il faut retenir

  • Oxfam distingue trois modèles de seconde main textile, avec des empreintes estimées de 0,6 kg, 2,9 kg et 3,1 kg de CO2 pour cinq kilos de vêtements selon le circuit.
  • L’ONG et plusieurs acteurs associatifs estiment que la seconde main n’est bénéfique que si elle remplace un achat neuf et ne nourrit pas la surconsommation.
  • En Belgique, une responsabilité élargie des producteurs pour le textile est en préparation afin de financer collecte, tri, réemploi et recyclage.

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Cette synthèse a été produite automatiquement à partir de la source citée.