
Dans 2 ans, l’aéroport de Charleroi ne sera pas opérationnel plusieurs mois.
La seule piste de l’aéroport de Charleroi, longue de 3200 mètres, commence à montrer des signes d’usure. Bien qu’elle fasse régulièrement l’objet d’entretien nocturne, la piste n’a pas été entièrement rénovée depuis 40 ans, et ces interventions ne suffisent plus.
« Il ne s’agit plus de colmater ça et là quelques petits éléments pour réparer la piste », explique Nicolas Thisquen, président du comité de direction de la SOWAER, la Société Wallonne des Aéroports, responsable des rénovations.
« Il y a un certain nombre d’instabilités et de faiblesses. Nous allons aller chercher dans les plus grandes profondeurs de la piste pour assurer une plus grande stabilité et une plus grande robustesse pour les 20, voire les 30 prochaines années. »
Pour réaliser ces travaux et moderniser les infrastructures, l’aéroport de Charleroi sera donc à l’arrêt pendant onze semaines. Une période difficile à réduire sans compromettre le chantier, selon le directeur de la SOWAER.
« On peut faire évidemment plus court, mais avec un résultat incertain. Nous avons la garantie, après onze semaines, qu’on va pouvoir réouvrir l’infrastructure selon les règles de sécurité imposées par les autorités. »
Le calendrier est choisi en fonction de la saison. « Si nous avions déplacé tous ces travaux en hiver, nous n’aurions pas eu la garantie d’être dans le créneau de onze semaines », précise Nicolas Thisquen.
Du côté des travailleurs de l’aéroport, c’est le flou selon les syndicats. Que vont devenir les emplois pendant ces trois mois ? Aucune réponse n’aurait été apportée par la direction ou la Région, nous dit Alain Goelens, permanent SETca. Il souligne un manque de communication. « Ça fait minimum deux ans que nous insistons auprès de la direction de l’aéroport pour avoir un dialogue sur le sujet », explique-t-il. « Pour voir comment on va anticiper les choses, tant pour le personnel que par rapport aux compagnies aériennes, pour avoir la certitude que ces compagnies reviendront. »
De son côté, le cabinet de la ministre wallonne des aéroports Cécile Neven rejette les critiques sur le manque d’anticipation du chantier. « Contrairement à ce qui est avancé, la préparation de ce chantier est engagée depuis de nombreux mois », précise-t-il dans un communiqué.
« Les travaux portent notamment sur la coordination avec les compagnies aériennes, l’organisation des activités des entreprises présentes sur le site ainsi que la continuité des opérations techniques indispensables au fonctionnement de la plateforme. »
Les travailleurs pourraient potentiellement bénéficier du chômage économique ou temporaire, qui leur permettrait de recevoir un revenu de remplacement pendant ces onze semaines. « Sauf que selon nos informations, l’ONEM aurait l’air de dire que ni l’un ni l’autre ne seraient autorisés, étant donné que l’aéroport sait depuis maintenant un certain temps qu’ils vont fermer », ajoute Alain Goelens.
L’aéroport n’a pas souhaité réagir. Pour le moment, aucune information n’a été communiquée concernant les déviations des compagnies.
