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Coupe du monde : « carte rouge » pour la FIFA et Gianni Infantino

Le Conseil de l’Europe, partenaire de la Fifa depuis 2018, a choisi de sortir de sa réserve ce dimanche, juste avant la finale entre l’Espagne et l’Argentine. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, est déjà candidat à sa propre succession en 2027.


« Carte rouge pour la Fifa ». Ce titre de La Libre annonce la couleur. L’édition 2026 « restera gravée dans les mémoires comme le symbole d’un football qui a définitivement basculé dans la démesure ».

Dans Le Soir, les critiques pleuvent également contre la Fifa, qui a voulu augmenter le nombre de matchs et d’équipes participantes dans le but d’accroître les droits télévisés et de vendre des billets hors de prix. « Chaque équipe étant un produit de plus au catalogue ». Le quotidien dénonce aussi les pauses fraîches et les mi-temps rallongées pour offrir plus d’opportunités publicitaires. Il évoque également des violations de règlement, en référence à l’affaire Folarin Balogun. Une Fifa toute puissante « qui cumule les rôles de législateur, d’organisateur, de commerçant, de producteur et de juge », souligne Le Soir.

La Libre partage ces constats, ajoutant que le carton rouge vient cette fois d’un partenaire de la Fifa. « Le Conseil de l’Europe, partenaire de la Fifa depuis 2018, a choisi de sortir de sa réserve ce dimanche, juste avant la finale entre l’Espagne et l’Argentine. Dans une lettre d’une rare fermeté, son secrétaire général Alain Berset appelle à rebâtir un cadre d’intégrité avant le Mondial 2030. Ce ne sera pas du luxe… »

Les médias critiquent également l’impact environnemental de cette édition 2026. L’Avenir qualifie ce tournoi de « mondial de la démesure », le plus polluant de l’histoire, et rappelle que la finale s’est déroulée sous une pollution causée par des feux de forêt. « Et que malgré ce cri d’alerte à la planète football, des milliers de spectateurs ont suivi les rencontres dans des stades climatisés, prenant des vols à gogo, tout en sachant que ce spectacle coûtait 9 millions de tonnes d’équivalent CO2, soit le double de l’édition précédente. Une insouciance collective soutenue par les sponsors Qatar Airways et Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne considérée comme l’entreprise la plus émettrice de gaz à effet de serre au monde. Une Arabie Saoudite où se déroulera d’ailleurs le Mondial de 2034. »

Bien que la presse critique la Fifa, elle souligne également, de manière paradoxale, que l’institution n’a jamais été aussi prospère. Son président Gianni Infantino s’apprête à annoncer des revenus records et son pouvoir semble plus solide que jamais. Le succès organisationnel est également mis en avant, avec des stades saturés, reconnait Le Monde.

Cependant, gouverner le football ne se limite pas à générer des profits, rappelle La Libre. « En alimentant les polémiques, ou en ne les éteignant pas, la Fifa prend un risque immense : celui de dénaturer son joyau. Si elle veut préserver ce qui fait encore la force universelle de son sport, elle devra entendre les appels à la démission de son président et les critiques au lieu de les contourner. Sous peine de voir les regards progressivement se détourner. »

Le président de la Fifa est sévèrement critiqué. Le Monde évoque la « réputation ternie » de Gianni Infantino, qui a été copieusement sifflé à chaque apparition sur les écrans géants des stades. Cela n’était jamais arrivé auparavant. Les passionnés de football ont manifesté une « franche hostilité » à son égard, intensifiée par l’affaire Folarin Balogun, lorsque la Fifa a levé la suspension du buteur américain, pourtant sous le coup d’un carton rouge. Cette décision a été prise suite à une intervention de Donald Trump demandant un réexamen à Gianni Infantino, ce qui a renforcé l’image du président comme un « exécutant docile du locataire de la maison blanche ».

Le Monde souligne également des problèmes de communication. Gianni Infantino, depuis son élection il y a dix ans, reste éloigné des médias appliquant une stratégie de « non-commentaire ». Des médias qu’il a négligés et qu’il déteste, selon Guido Tognoni, ancien cadre de la FIFA. « Il pensait à tort gouverner la Fifa par le silence. Il a tant personnifié l’instance qu’il concentre logiquement toutes les critiques ».

Ignorant les appels à la démission, le président est déjà candidat à sa propre succession en 2027. Et il sera réélu, prédit Guido Tognoni. Pour ce dernier, les fédérations nationales se moquent de qui préside, tant qu’elles reçoivent de l’argent. « Seul l’argent compte », conclut-il.