Belgique

Coupe du monde 2026 : des controverses importantes autour du foot

Omar Abdulkadir Artan, 34 ans, devait être le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde et a été sélectionné parmi les 52 arbitres pour le Mondial. La Somalie est l’un des nombreux pays dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.


Un arbitre somalien refusé sur le territoire US

Omar Abdulkadir Artan, 34 ans, devait faire ses débuts en tant que premier arbitre somalien lors d’une phase finale de Coupe du Monde. Il était parmi les 52 arbitres retenus pour le Mondial. Détenteur du statut FIFA depuis 2018, Artan officie dans le championnat somalien et a été élu meilleur arbitre de l’année par la Confédération africaine de football (CAF) en 2025.

Cependant, il a été refoulé à son arrivée aux États-Unis. « Il disposait d’un visa en règle », a confirmé Ciise Aden Abshir, conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports, contacté par l’AFP.

« La FIFA n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment. C’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire », a précisé l’instance.

La Somalie figure parmi les pays dont les citoyens sont soumis à une interdiction de voyage aux États-Unis, imposée par l’administration de Donald Trump.

Un traitement discriminatoire pour l’équipe iranienne

L’Iran a été le premier pays à ouvrir une Coupe du Monde sur le territoire d’un pays hôte en guerre avec lui, les États-Unis. Par conséquent, la question de sa participation a suscité des préoccupations. Pendant des semaines, personne ne pouvait garantir à l’Iran qu’il pourrait participer à cette Coupe du Monde.

Bien que la FIFA et Donald Trump aient tenté de rassurer, la compétition n’a pas été facile pour la Team Melli.

Les États-Unis ont multiplié les obstacles : d’abord, des refus de visas pour certains membres de l’équipe, puis l’obligation pour la sélection iranienne d’entrer et de sortir des États-Unis le même jour que ses matchs (ses trois matchs de poules se jouaient aux États-Unis contre la Nouvelle-Zélande, les Diables Rouges et l’Égypte). Bien que cette restriction ait été légèrement assouplie, elle a compliqué la préparation de l’équipe pendant le tournoi.

Malgré cela, l’Iran a pu compter sur un soutien local atypique, les supporters iraniens n’ayant pas pu venir depuis leur pays.

Au terme des matchs, l’Iran a terminé troisième du groupe G, ayant réalisé trois matchs nuls. En terminant 9e meilleur troisième, l’Iran a frôlé la qualification pour les 1/16e de finale.

Interdiction d’entrée et fouille plus importante

D’autres équipes ont également rencontré des difficultés. Sur les réseaux sociaux, plusieurs images de l’équipe sénégalaise fouillée à son arrivée sont devenues virales. En Caroline du Nord, les joueurs ont été soumis à des contrôles dès leur sortie d’avion. De même, des images ont montré la délégation ouzbèke fouillée à sa descente du bus avant son match amical contre les Pays-Bas.

Enfin, l’attaquant vedette irakien, Aymen Hussein, a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago. La FIFA a seulement pu constater les faits, expliquant dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».

L’affaire Balogun et l’ingérence de Donald Trump, un fait rare dans l’histoire

Folarin Balogun, suspendu pour le match contre les Diables Rouges pour avoir reçu un carton rouge direct lors d’un match contre la Bosnie-Herzégovine, a pu disputer le 1/8e de finale grâce à une intervention de Donald Trump.

Le comité disciplinaire de la FIFA a annoncé son choix de ne pas suspendre le joueur et d’infliger une suspension avec sursis d’un an à la place, sans justification, mais en référence à l’article 27 de son règlement.

Cette affaire a pris une ampleur significative, car il est rare qu’un président intervienne pour modifier une décision au Mondial.

Une intervention qui a suscité des critiques, notamment de la fédération belge et de l’UEFA, suite à l’appel de Donald Trump au président de la FIFA, Gianni Infantino, pour que la sanction soit réexaminée.

« J’ai essayé de me concentrer du mieux que je pouvais à mesure qu’on approchait du match. Mais c’était difficile, il y a eu beaucoup de bruit extérieur, et c’est difficile à éviter », a déclaré le joueur de 25 ans après le match contre les Diables Rouges. Balogun a finalement été titularisé lors du 8e de finale, largement perdu par son équipe face à la Belgique (4-1).

Billets, transports, parkings : les prix ont explosé

La politique tarifaire de la FIFA pour le Mondial a été critiquée en raison des prix jugés excessifs. Les tarifs des parkings et des transports vers les stades sont également concernés.

« Notre prix d’entrée, à 60 dollars, est le plus bas pour n’importe quel sport américain en phase de play-offs. Notre prix moyen de 500 dollars est également le plus bas comparé à la moyenne des sports américains pour des play-offs », a déclaré Gianni Infantino, désignant les sites de revente « parfaitement légaux » dans les trois pays organisateurs comme responsables de l’envolée des prix.

Des préoccupations ont été soulevées au point que l’association Football Supporters Europe (FSE) a porté plainte à Bruxelles contre la FIFA pour abus de position dominante.

Le dernier scandale concerne les prix des billets pour la finale, programmée ce dimanche à 21 heures au MetLife Stadium (82 500 places). Quatre catégories de tarifs étaient initialement proposées : 11 000 dollars pour la catégorie 1, 5 500 dollars pour la catégorie 2, 3 600 dollars pour la catégorie 3, et enfin 800 dollars pour la catégorie 4, la moins chère.

Ces tarifs, déjà très élevés, ont encore augmenté dans les semaines précédentes, selon ABC News, atteignant 32 970 dollars pour les billets les plus chers.

La FIFA ne contrôle pas les prix sur sa plateforme de revente mais prélève une commission de 15 % sur chaque billet acheté et sur chaque revente. Le mois dernier, des billets pour la finale étaient mis en vente à 2 299 998,85 dollars.

« Si certains mettent en vente des billets pour la finale à 2 millions de dollars sur le marché secondaire, cela ne signifie pas qu’ils coûtent réellement ce montant, et encore moins que quelqu’un les achètera », a commenté Infantino. « En réalité, si quelqu’un achète un billet pour la finale à 2 millions de dollars, je lui apporterai personnellement un hot-dog et un Coca pour qu’il passe un excellent moment. »

La FIFA précise que 1 % des places ont déjà été vendues à 60 dollars. Le site comparateur SeatPick a analysé ses propres données et observe des tarifs dépassant les 5000 euros pour les matchs de la Coupe du Monde.

La FIFA fait également face à une assignation à comparaître des États de New York et du New Jersey dans le cadre d’une enquête concernant les prix des billets et la précision des emplacements des sièges pour la Coupe du Monde.

Les pauses publicitaires « hydratation », oui mais non

La décision de la FIFA d’introduire des pauses hydratation dans tous les matches de la Coupe du Monde, quelles que soient les températures, a suscité une controverse. Lorsque la FIFA a annoncé cette règle en décembre, elle a déclaré que les joueurs « bénéficieraient de pauses d’hydratation de trois minutes dans chaque mi-temps, la FIFA privilégiant le bien-être des joueurs » à cause de la chaleur.

Dans certains cas, cette pause a été bénéfique, mais il n’y a pas de justification pour des pauses dans des stades climatisés, comme ceux de Dallas, Houston, Atlanta ou Vancouver. De plus, ces pauses ont servi d’opération commerciale, générant des millions de dollars de recettes publicitaires pour les chaînes de télévision américaines.

La pire Coupe du monde au niveau de l’empreinte écologique

Le Mondial 2026 pourrait devenir le plus polluant de l’histoire. Selon un rapport de Yale Climate Connections, la Coupe du Monde devrait générer environ 9 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, principalement en raison des déplacements des spectateurs.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, contribue également à cette augmentation de la pollution avec ses fréquents déplacements en jet, soulignant l’indifférence de l’instance face aux démarches de sobriété climatique.

La FIFA s’est fixé comme objectif de réduire de moitié ses émissions de gaz à effet de serre d’ici la Coupe du Monde 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. Cependant, cela semble inatteignable à moins de concentrer la compétition sur une zone géographique plus restreinte. Or, dans quatre ans, le Mondial se déroulera conjointement en Espagne, au Portugal et au Maroc. De plus, 2030 marquera le centenaire du tournoi, avec trois matchs commémoratifs en Amérique du Sud (Uruguay, Argentine, Paraguay) avant le lancement officiel. Dans ces conditions, il est difficile de réduire l’empreinte carbone.