
Carglass, Taxis verts, Vélos Lucien : D’Ieteren, importateur belge de VW et Audi.
D’Ieteren, importateur belge emblématique de marques automobiles allemandes comme Volkswagen, Audi et Porsche, est confronté à une transformation inéluctable de son modèle d’affaires. Fondé en 1805 à Bruxelles, le groupe a longtemps été perçu comme un simple distributeur de véhicules neufs. Cependant, avec l’évolution rapide du marché automobile et les changements dans les comportements des consommateurs, il a pris conscience de la nécessité de se réinventer. L’objectif est désormais de devenir un acteur clé de la mobilité et des services associés.
Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, D’Ieteren a élargi son champ d’action. En plus de son vaste réseau de concessions et de garages, le groupe s’est lancé dans le secteur de l’occasion, la carrosserie, la réparation via sa filiale Wondergroup, ainsi que dans le remplacement de pare-brise avec des enseignes comme Carglass. D’Ieteren ne se limite pas à la vente de voitures : il s’engage à accompagner ses clients tout au long de leur parcours, même lorsqu’ils ne possèdent pas leur propre véhicule. Cela se traduit par des investissements dans des services variés tels que Poppy pour le partage de voitures, EDI pour les bornes de recharge, Go-Solar pour les solutions énergétiques, et Husk pour les taxis.
La diversification du groupe répond à un constat : le marché des véhicules neufs est sous pression. Les consommateurs conservent leur voiture plus longtemps et se tournent de plus en plus vers l’occasion, face à des prix de véhicules neufs élevés et à des incertitudes liées à l’électrification. Ce changement de paradigme représente un défi majeur pour D’Ieteren, historiquement axé sur des volumes élevés de ventes de voitures neuves. La transition vers un modèle basé sur des services récurrents, tels que l’abonnement, le leasing ou la gestion de la mobilité, est désormais essentielle.
L’électrification du parc automobile pose également de nouvelles questions. Les véhicules électriques, issus de flottes, soulèvent des préoccupations concernant la santé des batteries, leur autonomie et leur valeur de revente. D’Ieteren doit donc adapter ses infrastructures et former ses techniciens pour faire face à ces enjeux. L’économie de l’après-vente évolue, car les voitures électriques nécessitent moins d’entretien que les véhicules thermiques, ce qui impacte les revenus traditionnels du groupe.
En parallèle, D’Ieteren doit faire face à une numérisation croissante du marché. La vente de voitures s’effectue de plus en plus en ligne, bien que le réseau physique demeure crucial pour les essais, la livraison et l’entretien. Les agents doivent désormais être plus spécialisés et connectés aux canaux numériques. De plus, la concurrence s’intensifie, notamment avec l’arrivée de constructeurs chinois sur le marché européen, qui proposent des véhicules électriques à des coûts compétitifs.
Face à ces défis, D’Ieteren a annoncé un projet de transformation stratégique qui pourrait entraîner la suppression de 344 emplois sur un effectif total de 2 945. Ce plan inclut la fermeture de certains sites, la réorganisation des équipes et la réduction des activités de carrosserie. Les négociations avec les représentants du personnel sont en cours, et le groupe assure que la continuité des services à la clientèle ne sera pas compromise.
En somme, D’Ieteren ne mise pas sur la fin de la voiture, mais sur un avenir où la voiture électrique, souvent partagée ou louée, s’intègre dans un ensemble plus vaste de solutions de mobilité. Cette adaptation, bien qu’essentielle, n’est pas sans risques. La dépendance au groupe Volkswagen demeure forte, et le groupe doit naviguer habilement entre opportunités et menaces dans un paysage automobile en pleine mutation.
