Belgique

Budget wallon : Adrien Dolimont évoque des « nouvelles recettes » sans impact pour les citoyens

Les débats budgétaires se profilent à l’horizon, avec des discussions prévues pour la fin septembre à tous les niveaux de gouvernement. Lors de la rentrée politique du Mouvement Réformateur (MR) ce dimanche, son président, Georges-Louis Bouchez, a affiché une position ferme : pas de nouvelles taxes et une réduction des dépenses. Cette déclaration soulève la question de l’adhésion d’Adrien Dolimont, ministre-président du gouvernement wallon, à cette ligne de conduite.

Dolimont a exprimé son soutien à cette approche, la qualifiant de « nécessaire » face à une augmentation des dépenses qu’il juge « incroyable ». Il a souligné que l’instauration d’un nouvel impôt serait futile si les problèmes structurels de l’État ne sont pas résolus au préalable. Pour lui, une réduction significative des dépenses est indispensable, un objectif sur lequel travaillent les gouvernements à tous les niveaux. Il a également insisté sur le fait que même les communes doivent se réinventer pour faire face à cette situation.

En ce qui concerne les recettes, Dolimont a précisé qu’il explore certaines options, mais il a insisté sur l’importance de ne pas faire peser le fardeau sur les citoyens. Il a cité l’exemple de la vignette automobile, affirmant : « On veut capter de la nouvelle recette, mais sans impacter nos concitoyens. Simplement faire payer l’usage du réseau par tout le monde. » Cette nuance soulève la question de savoir si sa position est en accord avec celle de Bouchez, qui rejette toute nouvelle taxation.

Le ministre-président a également évoqué l’importance de la croissance pour la Wallonie, qui souffre d’un déficit de deux milliards d’euros. L’objectif est de revenir à l’équilibre d’ici 2029, mais avec une croissance projetée à seulement 0,6-0,7% pour cette année, la nécessité de réformer les services publics est cruciale. Dolimont a déclaré : « La croissance est un enjeu central pour la Wallonie, pour la Belgique et je dirais pour tous les niveaux de pouvoir. » Toutefois, il a précisé que les stratégies de croissance seules ne suffiront pas à court terme.

Concernant les investissements publics, il a critiqué l’idée de relancer une politique keynésienne, rappelant que la Belgique a déjà connu un plan de relance avec des investissements massifs. « Est-ce qu’on voit les effets de relance à l’issue de ce plan ? Non, » a-t-il déclaré. Pour lui, il est essentiel de résoudre d’abord les problèmes structurels avant d’envisager de reconstruire une économie forte.

Dans ce contexte, une réforme des droits de succession a été votée, prévoyant une réduction de moitié d’ici 2028. Bien que cette mesure soit saluée par le gouvernement, elle soulève des inquiétudes quant à sa compatibilité avec l’objectif de retour à l’équilibre budgétaire. Dolimont a défendu cette réforme, la qualifiant d’importante et d’injuste dans sa forme actuelle.

La question de l’héritage et du mérite a également été soulevée. En tant que libéral, Dolimont a reconnu que l’héritage peut sembler contradictoire avec les principes du mérite. Il a cependant insisté sur le fait que le niveau d’imposition actuel est déjà élevé et que l’État doit d’abord devenir plus efficace avant d’envisager d’augmenter les droits de succession. « On n’a pas l’État le plus efficient au monde, » a-t-il déclaré, soulignant la nécessité de rendre l’État plus performant avant de retravailler sur la fiscalité.

Enfin, Dolimont a réaffirmé son engagement envers la réforme des droits de succession, tout en s’opposant à des mesures extrêmes qui pourraient nuire à la vision libérale du mérite et du travail.