Belgique

Budget de l’enseignement (3/3) : performances et financement sont-ils à la hauteur ?

La Fédération Wallonie-Bruxelles, malgré des investissements conséquents dans son système éducatif, peine à obtenir des résultats à la hauteur de ses dépenses. Ce constat, qui se dégage des analyses récentes, met en lumière une situation préoccupante : bien que la région figure parmi les plus gros dépensiers en matière d’éducation, ses performances restent en deçà des attentes. Les enquêtes internationales révèlent que les élèves de cette entité affichent des résultats moyens, voire inférieurs à la norme, notamment dans les classes de primaire.

Les données illustrent un tableau alarmant. En effet, dans les évaluations internationales, la Fédération Wallonie-Bruxelles se classe souvent parmi les derniers, en particulier dans les domaines fondamentaux tels que la lecture, où les élèves rencontrent des difficultés significatives. Ariane Baye, experte en sciences de l’éducation à l’ULiège, souligne que « les exigences des tests internationaux sont clairement mieux maîtrisées dans les autres pays ». Elle ajoute que les élèves wallons éprouvent des difficultés à lire des textes longs et à répondre aux questions qui en découlent, un constat indéniable.

Dans le cadre des tests PISA, qui évaluent les compétences des jeunes de 15 ans, les résultats des francophones belges sont légèrement meilleurs, se rapprochant de la moyenne internationale. En mathématiques, en sciences et en lecture, les élèves atteignent des scores similaires à ceux de pays comme l’Allemagne ou la France, bien que des écarts subsistent. Notamment, les élèves flamands affichent des résultats supérieurs d’environ 20 à 25 points, un écart significatif qui pourrait être interprété comme un retard d’une année scolaire.

Le phénomène du redoublement joue un rôle essentiel dans cette dynamique. En Belgique, 35 % des élèves de 15 ans ont redoublé, ce qui les place dans des classes inférieures à leur niveau d’âge. En comparaison, la moyenne des pays industrialisés est de seulement 8 %. Cette situation impacte directement les résultats globaux, car ces élèves, n’ayant pas encore abordé les contenus de leur niveau, influencent négativement la moyenne. Si l’on se concentrait uniquement sur les élèves de 4e secondaire, la Belgique pourrait se hisser parmi les pays les plus performants de l’OCDE.

Un autre facteur à prendre en compte est la diversité socio-économique des élèves. La Fédération Wallonie-Bruxelles se distingue par une population scolaire plus défavorisée, ce qui complique davantage l’équation. Les élèves issus de milieux défavorisés obtiennent généralement de moins bons résultats et sont plus susceptibles de redoubler. Cette hétérogénéité se reflète aussi dans les résultats scolaires, avec un écart notable entre les élèves les plus favorisés et ceux qui le sont moins.

Les problèmes de discipline constituent également un enjeu majeur. Valérie Quittre, professeure à l’ULiège, met en avant un climat d’apprentissage difficile, où les enseignants et les élèves signalent des problèmes de discipline qui réduisent le temps consacré à l’apprentissage. Cette situation a empiré ces dernières années, plaçant la Fédération Wallonie-Bruxelles parmi les entités les moins bien loties en matière de discipline scolaire.

En somme, bien que la question du financement de l’éducation soit cruciale, il est essentiel de nuancer les conclusions. Le Fonds monétaire international (FMI) a souligné que la Belgique pourrait réduire ses dépenses publiques sans compromettre ses performances, mais cela nécessite une analyse approfondie des besoins spécifiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les experts insistent sur l’importance de disposer de données fiables pour identifier les véritables problèmes et envisager des solutions adaptées.