Blocage iranien et contre-blocus américain : Téhéran s’est-il piégé ?
Depuis le 16 avril, Donald Trump a mis en place un « contre-blocus », positionnant les navires de guerre américains à la sortie du détroit d’Ormuz vers le golfe d’Oman. Selon les estimations de Jean-Pierre Favennec, l’Iran perdrait environ 400 millions de dollars par jour en raison du blocage de la circulation des marchandises.
Fermé, rouvert puis de nouveau fermé, en réponse au blocus naval américain, l’Iran a-t-elle épuisé son arme du contrôle du détroit d’Ormuz, qui lui a permis de déstabiliser le commerce international et le marché des hydrocarbures depuis plusieurs semaines ? Jean-Pierre Favennec déclare : « le blocage du détroit d’Ormuz bloque également, s’il est total, les échanges de l’Iran. Il bloque ses exportations de pétrole brut, sa principale ressource à l’exportation, mais aussi l’importation de produits, alimentaires et autres. »
Jusqu’à présent, le régime iranien contrôlait librement la circulation dans le détroit. Depuis le 16 avril, Donald Trump a instauré un « contre-blocus », selon le spécialiste du marché des hydrocarbures, en plaçant des navires de guerre américains à la sortie du détroit en direction du golfe d’Oman.
### De possibles pressions des voisins de l’Iran, dépendants aussi du détroit d’Ormuz
Selon ses évaluations, l’Iran subirait une perte d’environ 400 millions de dollars par jour à cause du blocage de la circulation des marchandises : « À 100 dollars le baril de pétrole, multiplié par deux millions de barils produits, on a déjà une bonne partie du chiffre, » calcule Jean-Pierre Favennec. « L’Iran dépend largement des importations qui passent obligatoirement par le détroit d’Ormuz. S’il est effectif, ce blocage est très pénalisant pour l’Iran, qui ne peut pas tenir extrêmement longtemps. »
D’autant plus que ce nœud commercial est également crucial pour les voisins de Téhéran dans le Golfe, explique le professeur à l’Université Paris-Dauphine : « Les cinq principaux pays autour du Golfe Persique [l’Iran, l’Irak, le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite] détiennent environ 50% des réserves de pétrole facilement exploitables dans le monde. Il est clair que pour les États de la région, la situation est complexe. On pense que certains seraient tentés de demander aux Américains d’aller jusqu’au bout de l’attaque, et donc de provoquer un changement de régime en Iran. »
► Écoutez l’intégralité de cette interview dans le podcast *Les Couleurs de l’Info* ci-dessus.

