
« Avant, je racontais des fantasmes » : Pierre de Maere dévoile des histoires vécues dans son nouvel album.
Pierre de Maere, après avoir connu un franc succès avec son premier album, s’apprête à dévoiler son nouvel opus intitulé *Ave de Maere*, prévu pour le 25 septembre. Ce titre évoque la célèbre formule *Avé César*, symbole de son ambition : « À la conquête du monde, et de moi-même bien sûr ». Dans ce disque, l’artiste explore les méandres de son adolescence, marquée par des premières expériences tant intimes qu’amoureuses, tout en abordant des moments plus ordinaires.
L’approche autobiographique de Pierre de Maere influence inévitablement sa vision de l’amour. Bien qu’il conserve son penchant pour les récits romantiques, il se concentre cette fois sur des événements vécus. La chanson *J’aurais fini par te plaire*, l’un des premiers extraits, illustre parfaitement cette évolution.
Cette composition est le fruit d’une histoire personnelle, inspirée par une relation avec un ancien compagnon, dont la rupture a été difficile à surmonter. Au fil du processus créatif, une seconde relation a également émergé, enrichissant ainsi le propos de la chanson. Écrite sur une période de près de deux ans, elle s’adresse finalement à deux garçons, chacun représentant des souvenirs et des émotions distincts. Pierre de Maere lui-même résume ce changement : « Je suis très romantique, mais ce disque-ci est un peu moins romantique, un peu plus ancré dans le réel, parce qu’il s’agit d’histoires vraies et vécues. Avant, je racontais des fantasmes. »
Malgré cette évolution, l’artiste ne renonce pas à son univers. Au contraire, il s’est impliqué activement dans la création de son album, collaborant avec son frère Xavier sur les productions et concevant lui-même l’esthétique visuelle de son projet.
Cette exigence de contrôle se reflète également dans sa relation avec la scène. Lors d’une interview, François De Brigode a tenté de retrouver des images du tout premier concert de Pierre de Maere aux Francofolies de Spa, mais l’artiste a préféré ne pas les inclure, les jugeant trop anciennes. Avec le recul, il évoque ce moment avec humour : « En fait, non, je chantais très faux, mais c’était le début. »
Pierre de Maere a depuis perfectionné son art et souhaite que le public puisse apprécier le chemin parcouru. « C’est important de donner envie aux gens de venir me voir en concert et qu’ils comprennent que j’ai appris à chanter en quelques années », confie-t-il. Cette quête d’approbation cache cependant une vulnérabilité, l’artiste avouant craindre de ne pas captiver son auditoire : « Ma grande crainte, c’est d’ennuyer quelqu’un. »
Son désir d’être entendu remonte à son enfance, lorsque la musique a fait irruption dans sa vie grâce à un accordéon offert par Saint-Nicolas à l’âge de 7 ou 8 ans. « C’était un accordéon que j’avais demandé et dont je rêvais depuis des mois, qui a été mon introduction vers la musique. Et puis ça, une batterie », se souvient-il. La batterie a été le véritable déclencheur de sa passion musicale. Bien que sa famille ne soit pas issue du milieu artistique, l’encouragement de ses parents à explorer différents instruments a été déterminant dans son parcours. « Sans l’ouverture de mes parents, il n’y avait pas de carrière. Donc c’est beau. »
Pierre de Maere admire des artistes comme Madonna et Lady Gaga, cette dernière étant pour lui une figure emblématique de la liberté créative. Il s’engage également à soutenir de jeunes créateurs à travers *ArtContest*, un concours et une exposition à Bruxelles, visant à leur offrir une visibilité. « L’idée, c’est d’encourager des jeunes créatifs. Plein de beaux artistes qu’il vaut la peine de mettre en avant », souligne-t-il.
Pour lui, la curiosité est essentielle tout au long de la vie : « Je pense qu’il faut être curieux toute une vie. C’est en restant curieux qu’on reste malin, jeune. »
Pierre de Maere se produira les 1er et 2 décembre à l’Ancienne Belgique, suivi d’un concert le 5 décembre à l’OM de Liège. En attendant, il recommande plusieurs œuvres culturelles, notamment *Les Dents de l’enfer*, qui traite avec humour des coulisses du tournage des *Dents de la mer* de Spielberg, ainsi que *Spectres* de Thomas Gunzig, une réflexion sur les enjeux capitalistes d’une découverte scientifique, et *Je suis né dans la tempête* de Jérôme Colin, qui narre l’adolescence de Valério dans un monde en constante accélération.
Ces suggestions permettront d’attendre le prochain épisode de *Culture en Prime*, diffusé sur La Une et en streaming sur RTBF Auvio.
