Agression d’agents pénitentiaires à la prison de Nivelles, suspension des services aux détenus
Samedi soir, trois agents pénitentiaires ont été agressés à la prison de Nivelles. Un protocole particulier, le protocole 507, a été mis en place aujourd’hui dans l’établissement pénitentiaire nivellois après une assemblée générale du personnel.
Samedi soir, trois agents pénitentiaires ont été agressés à la prison de Nivelles. « Trois agents ont été blessés lors de cette agression et de l’intervention, dont un agent qui avait une commotion », précise Grégory Wallez, secrétaire fédéral de la CGSP Justice.
Les agents présents ce soir-là étaient sous le choc. En raison de cette agression, un dispositif particulier, le protocole 507, a été instauré aujourd’hui dans l’établissement pénitentiaire de Nivelles après qu’une assemblée générale a été tenue par le personnel. Le protocole 507, inscrit dans la législation, est conçu pour gérer les situations de tension au sein des prisons. « Avant, nous sortions sur le coup de l’émotionnel et c’était strictement interdit. Donc maintenant, on a légitimé ce genre de possibilités via un protocole, le protocole 507, qui permet aux délégués locaux de discuter avec la direction locale et de geler soit une partie de la prison, soit toute la prison pendant un laps de temps », explique Grégory Wallez.
Un service minimum a été instauré aujourd’hui à Nivelles. Ce protocole 507 constitue une sorte de service minimum négocié entre les délégués syndicaux et la direction. « Aujourd’hui, je pense qu’effectivement, il ne devrait pas y avoir de visite à Nivelles. Je suppose que la direction aura pris sa responsabilité avec les délégués locaux. C’est normal qu’on gèle une partie des activités. On assure les soins, la nourriture, voire les préaux aussi, parce qu’on donne régulièrement les préaux sous le protocole 507 », précise Grégory Wallez.
Lundi, toutes les prisons du pays entreront en grève pour 24 heures. « C’est une action fédérale parce que ça concerne exactement toutes les prisons du pays, qu’elles soient wallonnes, bruxelloises ou flamandes. Et donc voilà, ça n’a rien à voir avec ce qui s’est passé à Nivelles. Nivelles, c’est un cas isolé », explique Grégory Wallez. Lundi, les syndicats du secteur « prisons » prévoient de manifester à la prison de Lantin pour dénoncer la surpopulation carcérale.
L’agression survenue à Nivelles est, pour les syndicats, un nouvel élément à ajouter au dossier. « Depuis maintenant un certain temps, on a l’art de passer sous silence toutes les agressions qui se déroulent au sein des établissements pénitentiaires, parce qu’effectivement, avant, d’office, nous avions une grève émotionnelle, donc forcément, on en parlait beaucoup plus, mais je peux vous assurer que des agressions, sur une semaine, on en a facilement trois ou quatre dans différents établissements », confie Grégory Wallez. « Demain, on va rappeler que maintenant, on ne laissera plus rien passer et que dès qu’un agent se fera agresser, on partira certainement en grève », prévient-il.

