Adoptions internationales ne sont plus possibles en Flandre : la Fédération Wallonie-Bruxelles examine le sujet.
La décision flamande de renoncer aux adoptions internationales à partir de 2027 repose sur un large consensus au sein du Parlement flamand. En 2025, sur 41 adoptions en Fédération Wallonie-Bruxelles, 22 étaient des adoptions internes et 19 étaient des adoptions internationales.
La décision prise par le gouvernement flamand de mettre fin aux adoptions internationales à partir de 2027 repose sur un consensus large au sein du Parlement flamand. Cette décision arrive dans un contexte où plusieurs dossiers controversés ont marqué l’actualité ces dernières années. Par exemple, une enquête en 2023 a mis en lumière que certains enfants adoptés en provenance d’Éthiopie n’avaient pas été abandonnés volontairement par leurs parents biologiques.
Au fil du temps, la Flandre a interrompu sa collaboration avec plusieurs pays, tels que l’Éthiopie, la Gambie, Haïti et le Maroc, restreignant ainsi les options pour les candidats flamands à l’adoption. Parallèlement, le nombre d’adoptions internationales a chuté de 244 dossiers en 2009 à seulement 29 en 2022. Les autorités flamandes estiment qu’il est temps de clore ce chapitre : les dossiers d’adoptions en cours pourront être finalisés, mais à l’avenir, un nouveau décret ne permettra l’adoption que pour des enfants déjà présents en Flandre.
Cette décision incite à réfléchir à la situation des adoptions internationales dans le sud du pays, en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Dans cette région, le nombre d’adoptions, tant internes qu’internationales, diminue. En 2025, sur 41 adoptions, 22 étaient internes et 19 internationales. Parmi ces dernières, 15 concernaient des Belges adoptant à l’étranger, tandis que 4 étaient des adoptions intrafamiliales internationales. En 2015, près de 70 adoptions internationales étaient comptabilisées, contre une quarantaine d’adoptions internes.
Comme en Flandre, le choix des pays pour les candidats adoptants francophones s’est également restreint, en raison de diverses raisons, dont des enjeux géopolitiques et des scandales passés. Une règle impose désormais de ne collaborer qu’avec des pays qui ont ratifié la Convention de La Haye, laquelle stipule que les pays doivent d’abord chercher des solutions internes avant d’envisager l’adoption internationale.
On observe néanmoins une augmentation des adoptions d’enfants plus âgés. L’adoption interne a également connu un déclin : une quarantaine d’enfants étaient adoptés chaque année il y a dix ans, contre la moitié en 2025. Bernard Mathieu, responsable des adoptions à l’ONE, l’un des trois organismes chargés des adoptions en Fédération Wallonie-Bruxelles, explique que l’adoption est une mesure de protection pour les enfants privés de famille, ce qui a réduit le besoin d’adoption ces dernières années.
Le cadre actuel laisse présager que l’on « abandonne » moins d’enfants, mais une augmentation des adoptions d’enfants plus âgés est à signaler. Ces adoptions sont souvent des mesures de protection mises en place par les autorités de l’aide ou de la protection de la jeunesse, pour des enfants retirés de leur famille et qui risquent de rester en institution jusqu’à leur majorité sans possibilité d’adoption.
La rédaction a contacté la ministre de l’Enfance et de l’Aide à la Jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour savoir si une inspiration du modèle flamand était à l’étude. Elle a répondu qu’une proposition était en cours d’élaboration et serait soumise au gouvernement prochainement. Le cabinet de la ministre souligne l’importance de prendre le temps d’une décision réfléchie et nuancée, tenant compte de l’intérêt supérieur des enfants et de la situation des familles.
Des discussions ont eu lieu avec la Flandre pour échanger des informations et mieux appréhender la situation dans certains pays. Actuellement, aucune décision définitive n’a été prise et une proposition devra passer par le processus d’examen et de validation du gouvernement.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, trois organismes d’adoption agréés continuent de soutenir les candidats adoptants dans leurs démarches. La décision de la Flandre suscite des inquiétudes parmi ces organismes. Florence Rompen, directrice de SDEL, exprime que ces craintes ne sont pas nouvelles et rappellent les répercussions passées des scandales liés à l’adoption internationale. Malgré cela, des réformes ont été entreprises pour renforcer le processus d’adoption.
Rompen ajoute que la fin de l’adoption internationale pourrait engendrer d’autres dérives, notamment si les procédures légales venaient à disparaître. Elle avertit qu’il est crucial de maintenir une solution familiale pour les enfants laissés à l’écart, soulignant que l’adoption internationale doit être salvatrice, surtout lorsque des alternatives adéquates n’existent pas dans le pays d’origine.

