Belgique

À Santa Marta, nouvel élan vers des énergies renouvelables

La conférence sur la sortie des énergies fossiles s’est achevée cette nuit à Santa Marta, avec la participation de 56 pays. À l’issue de cette conférence, les pays présents ont réaffirmé leur engagement à respecter les accords de la COP de Paris et à atteindre la neutralité carbone mondiale aux alentours de 2050.


La première conférence sur la sortie des énergies fossiles s’est conclue cette nuit à Santa Marta, en Colombie, coorganisée par la Colombie et les Pays-Bas. 56 pays y ont participé, incluant des nations producteurs et consommateurs de combustibles fossiles comme le Nigéria, l’Angola et la Colombie, formant une coalition pour promouvoir une alternative énergétique face au réchauffement climatique.

Trois thèmes principaux ont été abordés : la réduction de la dépendance économique aux combustibles fossiles, la transformation de l’offre et de la demande, et le renforcement de la coopération internationale.

Ce type d’événement vise à surmonter les blocages rencontrés lors des conférences des parties (COP) où les décisions doivent être prises par consensus, ce qui est souvent entravé par les pays producteurs de combustibles fossiles. À ce jour, lors de la COP 28 à Dubaï, la question de la décarbonation et de la sortie du fossile a été abordée, mais il n’y avait eu aucune avancée à Belem, lors de la COP30 l’automne dernier.

Jean-Luc Crucke a exprimé clairement sa position sur la sortie des énergies fossiles tout en citant Margaret Thatcher : « Il n’y a pas d’alternative, c’est la seule et unique option qui s’offre au monde ! »

Dans les coulisses de cette conférence, une atmosphère sereine a été remarquée, sans les tensions habituelles des COP. Un correspondant de l’Agence France Presse a noté « une atmosphère apaisée, pas de négociations nocturnes ni de portes qui claquent, et aucun compromis à négocier avec les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre et producteurs de pétrole, absents ».

Cette conférence cherche à éviter de devenir « un nouveau machin ». Jean-Luc Crucke a précisé : « On ne veut pas refaire une institution à la place de celles qui existent déjà. Par contre, nous tiendrons le même discours dans toutes les institutions internationales. »

Depuis l’idée de cette conférence lancée l’automne dernier après la COP30, le contexte international a évolué, notamment avec la guerre dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz qui ont provoqué une hausse des prix des énergies fossiles, rappelant aux membres de l’Union européenne leur dépendance envers ces pays.

À l’issue de la conférence, les 56 pays participants ont réaffirmé leur engagement en faveur des accords de la COP de Paris, et notamment la volonté d’atteindre la neutralité carbone mondiale autour de 2050. Un « Groupe d’experts scientifiques pour la transition énergétique mondiale (SPGET) » a été créé pour aider les pays à se libérer de leur dépendance aux énergies fossiles, avec l’élaboration d’une feuille de route pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Cette transition nécessitera de surmonter des obstacles juridiques, financiers et politiques. Nadia Cornejo, vice-présidente de la Coalition climat en Belgique, a exprimé son soutien à la prise de décision basée sur la science, affirmant : « Ça montre que la science reste au cœur des décisions politiques. »

Les conclusions de la conférence rappellent que « les énergies fossiles sont responsables de plus de 75% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde », tout en notant la croissance des énergies renouvelables. En 2025, la capacité mondiale devrait dépasser de près de 50% celle de 2023.

S’éloigner des énergies fossiles ne consiste pas uniquement à remplacer une source d’énergie par une autre, mais implique une transformation économique pour surmonter les dépendances structurelles. Les tensions entre les besoins économiques et les impératifs climatiques perdurent, comme le montre la position du Nigéria qui parle d’une réduction progressive mais pas d’une sortie des fossiles.

Les recommandations de la conférence soulignent l’importance des échanges de dettes contre des mesures climatiques, d’une meilleure surveillance des actifs liés aux énergies fossiles, et d’une diversification fiscale. Un obstacle en Europe est lié au mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS), autorisant des actions en justice contre des États. Jean-Luc Crucke a plaidé pour la suppression de l’ISDS, affirmant que ces traités datent d’une époque où les impératifs environnementaux n’étaient pas discutés.

La suppression de l’ISDS est aussi la priorité de l’ONG CNCD-11.11.11, qui le considère comme un mécanisme obsolète entravant la transition énergétique.

Nadia Cornejo, porte-parole de Greenpeace Belgique, a commenté les perspectives de cette conférence, soulignant qu’elle pourrait initier des résultats plus ambitieux si elle s’inscrit dans le processus des COP. Cette conférence représente le premier rendez-vous d’une série annuelle, avec une seconde réunion prévu en 2027 dans l’archipel de Tuvalu, en coopération avec l’Irlande. Elle a précisé que ces îles sont les plus vulnérables face au changement climatique, et que cela marquera un passage à des résultats concrets et la préparation du bilan des 10 ans de l’accord de Paris.