Belgique

24 heures avec les scouts marins : « Même ADN que les scouts, bateaux en plus »

Dans le petit port de De Heen, aux Pays-Bas, cinq vlets, ces grandes barques capables d’accueillir jusqu’à huit passagers, sont prêtes à prendre la mer. Demain matin, 24 éclaireurs de la 75e Sea Scouts s’apprêtent à naviguer vers leur campement situé sur une île de Zélande, en utilisant le moteur de leurs embarcations.

Théo Guilmain, connu sous le nom de Asio, l’animateur responsable, explique : « On ne pouvait pas partir de Bruxelles, donc on a trouvé cet endroit pour amener nos vlets et commencer le trajet. » Ce voyage de trois jours les mènera à travers plusieurs écluses, en compagnie d’autres bateaux, tout en devant composer avec les caprices de la météo.

Alors que le soleil brille sur les vlets, les chefs s’affairent aux préparatifs avant l’arrivée des scouts. Baribal, l’un des chefs de patrouille, espère que les jeunes donneront un coup de main : « On espère que les autres vont quand même un peu nous aider. » Les scouts arrivent en voiture, accompagnés de leurs parents. Emmanuel, un père de famille, a même optimisé le transport avec sa camionnette : « C’était le but. J’ai amené six scouts, ainsi que deux moteurs pour les bateaux, des sacs, des frigo boxes, des gilets de sauvetage… »

L’atmosphère est à la fois joyeuse et studieuse, car il reste des tâches à accomplir avant le départ. Les tentes doivent être montées pour la nuit sur un terrain proche du port, une tâche qui se révèle plus complexe que prévu. Grizzly, l’intendant du camp, s’amuse de la situation : « Si les tentes ne sont pas bien montées, c’est parce qu’on est des scouts marins et qu’on a moins l’habitude. »

Un dernier briefing est organisé avec les chefs et sous-chefs de patrouille, qui auront la responsabilité des scouts plus jeunes. Asio souligne l’importance de leur rôle : « Ce sont vraiment eux qui dirigent tout. Ce sont eux qui transmettent les compétences qu’on leur a transmises aux plus jeunes. » Les consignes de sécurité sont également rappelées, notamment pour le passage des écluses, une manœuvre qui demande une attention particulière.

Le lendemain matin, l’excitation est palpable. Les scouts se réveillent avec des yeux encore ensommeillés après une nuit courte. Une fois le matériel chargé sur les vlets, Grizzly rappelle l’importance de l’organisation : « On prend tout avec nous à bord, puisqu’on est itinérants. » La météo prévoit une belle journée avec 26 degrés et peu de vent. Les scouts enfilent leurs gilets de sauvetage, impatients de commencer l’aventure.

À bord de la vlet bordeaux, la patrouille des Hippocampes, composée de Baribal, Bobcat, Cabri, Temminckii et Tigron, se prépare. Pour Tigron et Temminckii, c’est leur première expérience en camp bateau. Ils sont un peu impressionnés par cette nouvelle responsabilité. Bobcat prend la barre tandis que Cabri s’occupe de la radio et suit attentivement la carte.

Le départ se fait dans une ambiance conviviale, mais la navigation s’annonce complexe. Les équipages doivent naviguer entre les péniches et faire preuve de prudence, surtout lorsque les vagues se font plus hautes. Baribal, qui a pris le moteur, rappelle à son équipe de rester concentrée.

Le premier défi se présente avec le passage d’une écluse. Après une attente, l’éclusier donne enfin son feu vert. Baribal donne ses instructions : « Vous devez tenir l’amarre avant et l’amarre arrière. Par contre, ne faites pas de nœud car on va descendre. » La manœuvre se déroule sans incident, mais les défis ne sont pas terminés.

Au cours de la traversée, certains équipages rencontrent des problèmes techniques, notamment des algues coincées dans les hélices. Lorsque la vlet bordeaux subit une avarie, elle doit être remorquée par le bateau du staff. Baribal relativise : « Il y a toujours des petits problèmes dans un camp comme ça, mais ce n’est pas grave. »

Malgré ces mésaventures, l’esprit d’entraide prévaut parmi les scouts. Asio se montre fier de leur autonomie : « C’est émouvant de voir qu’ils peuvent se débrouiller sans nous. » Baribal, quant à lui, considère ces difficultés comme des leçons de vie : « Ça nous apprend à être patient. » Le voyage vers le camp se poursuivra encore pendant deux jours, riche en enseignements et en aventures.