Belgique

1911, 2011, 2026 : les Fagnes confrontées aux incendies

L’été 2026 a été marqué par une sécheresse alarmante, rappelant les événements tragiques de 1911. Depuis le 14 août, les Hautes Fagnes sont ravagées par des incendies, ayant déjà détruit près de 3000 hectares de forêt. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte de conditions climatiques extrêmes, avec des températures atteignant des sommets inédits. Pascal Mormal, climatologue à l’Institut Royal Météorologique (IRM), souligne l’ampleur de cette situation : « Depuis un mois et demi, il n’est tombé que 18 mm de pluie dans les Fagnes, soit moins de 10 % de la normale. Pour trouver une période aussi sèche, il faut remonter à 1911. »

Les températures élevées ont exacerbé la situation, avec des relevés atteignant 32,1 °C au Mont Rigi le 14 août, marquant le sixième jour consécutif avec des températures supérieures à 30 °C, un fait exceptionnel pour cette région. De plus, l’humidité ambiante est restée très basse, rendant les conditions propices aux incendies.

En parallèle, un retour de la pluie a été observé, apportant un répit bienvenu aux pompiers et à la nature. Des précipitations étaient attendues dans les jours suivants, offrant l’espoir d’une amélioration de la situation.

En revenant à l’été 1911, on se souvient d’une sécheresse tout aussi sévère. Entre le 4 juillet et le 19 août, seulement 3,6 mm de pluie étaient tombés à Uccle, tandis que les températures dépassaient régulièrement les 35 °C. Le 23 juillet, un record de 38,2 °C a été enregistré au barrage de la Gileppe. Les incendies qui ont débuté le 1er août dans les Hautes Fagnes ont duré jusqu’à fin septembre, causant la destruction de 3900 hectares de forêt. À l’époque, les moyens de lutte contre les flammes étaient rudimentaires, les soldats belges et prussiens n’ayant souvent que des outils de fortune pour tenter de maîtriser le feu.

Les événements de 2026 rappellent ainsi les défis posés par les conditions climatiques extrêmes, témoignant de l’importance d’une vigilance accrue face aux risques d’incendie dans un contexte de changement climatique.