10 années perdues avec BHV : quelles sont les raisons ?
La scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde a conduit à la plus longue crise politique de l’histoire du pays dans les années 2000 et début 2010. Pendant dix ans, ce problème a empoisonné les compromis gouvernementaux entre les partis francophones et néerlandophones.
Dans les années 2000 et au début des années 2010, la division de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde a plongé notre pays dans la plus longue crise politique de son histoire, entraînant la chute d’un gouvernement et suscitant des débats interminables sur la dissolution de la Belgique ou des propositions aussi absurdes que la création d’un tunnel entre la Wallonie et Bruxelles.
Pour le nord, cette séparation était une évidence historique ; pour le sud, elle marquait le début de la fin de la Belgique. Cette période de fortes tensions communautaires a engendré une sorte de trop-plein, laissant tous les acteurs considérer le problème de cet arrondissement comme irrésoluble.
Pendant une décennie, cette question a empoisonné les compromis gouvernementaux entre les partis francophones et néerlandophones. Voici un résumé chronologique de la situation :
Dave Sinardet, professeur de sciences politiques à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, affirme que, comme il y a 20 ans, le dossier « BHV n’est pas le plus important pour la vie quotidienne des gens ». Cependant, il souligne que « Néanmoins, il a quand même été au cœur de la plus longue formation de gouvernement du monde ». La Belgique a ainsi établi un record mondial avec 541 jours de négociations.
La crise de BHV était basée sur le fait que cet arrondissement contredisait la logique de la frontière linguistique établie en 1963. Les partis flamands prônaient la scission de l’arrondissement pour respecter cette frontière, alors que les francophones souhaitaient protéger leurs droits en périphérie, voire étendre Bruxelles.

