Washington prévoit de révoquer 200 000 visas, une première sous Trump.
La Maison-Blanche a récemment annoncé une mesure qui pourrait marquer un tournant dans la politique migratoire américaine, en la qualifiant de « la plus grande révocation de visas de l’histoire américaine ». Cette initiative, révélée mardi sur le réseau X, concerne près de 200 000 ressortissants étrangers et se mettra en place de manière progressive, selon les précisions du Département d’État.
Dans un contexte de renforcement des contrôles migratoires, le gouvernement des États-Unis prévoit d’annuler les visas d’affaires et de tourisme de ces ressortissants, en ciblant spécifiquement ceux qui ont déposé une demande d’asile sur le territoire américain durant la présidence de Donald Trump.
Le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a souligné que cette action vise à lutter contre les abus liés aux motifs de séjour. Il a déclaré à l’AFP que les autorités collaborent avec le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) pour identifier et révoquer les visas de ceux qui sont entrés aux États-Unis sous de faux prétextes, tels que prétendre être des visiteurs temporaires tout en cherchant à obtenir un statut d’asile permanent. Pigott a également mentionné que solliciter l’asile dans le seul but d’utiliser un visa constitue une fraude, justifiant ainsi cette annulation.
Dans un tweet, la Maison-Blanche a mis en avant l’ampleur de cette mesure, la qualifiant de « plus grande révocation de visas dans l’histoire » des États-Unis. Le Département d’État a déjà fait savoir qu’environ 175 000 visas avaient été annulés depuis le retour de Trump au pouvoir en janvier 2025. Ces annulations sont motivées par divers facteurs, incluant des antécédents criminels ou des infractions telles que la conduite en état d’ivresse.
Par ailleurs, l’administration a également pris la décision d’annuler les visas de plusieurs personnalités politiques mexicaines, dont Andrés Manuel López Beltrán, fils de l’ancien président. Cette action a suscité des critiques de la part de la présidente actuelle du Mexique, Claudia Sheinbaum, qui y voit une ingérence politique de la part des États-Unis.
La lutte contre l’immigration illégale est devenue une priorité pour l’administration américaine, qui a intensifié les expulsions massives de clandestins et durci les conditions d’accès légal au territoire. Toutefois, cette politique rencontre des obstacles juridiques, avec des décisions judiciaires annulant certaines mesures, comme le gel des visas de résidence permanente pour 75 pays, récemment invalidé par un tribunal fédéral. En parallèle, les autorités américaines renforcent les contrôles d’accès, y compris en examinant les réseaux sociaux des candidats. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a résumé cette approche en affirmant que « avoir un visa est un privilège, pas un droit ».
