Visa à l’arrivée en Algérie : 39 000 touristes étrangers en deux ans
Depuis son introduction en 2023, le visa à l’arrivée en Algérie a permis à près de 39 000 touristes étrangers, issus de 120 nationalités différentes, de visiter le pays. Ce dispositif, destiné aux voyageurs se rendant dans le Grand Sud par le biais d’agences agréées, a joué un rôle clé dans la stimulation de l’économie locale et la création d’emplois dans les wilayas du Sud.
La ministre du Tourisme, Houria Meddahi, a rassemblé les acteurs du secteur pour faire le point sur ce bilan et renforcer le mécanisme en place. Ce bilan a été présenté lors d’une réunion de coordination présidée par la ministre, qui a été consacrée à l’évaluation du dispositif et à l’identification des leviers pour améliorer l’attractivité de la destination algérienne, en particulier dans ses régions sahariennes.
Instauré sur décision du président de la République en 2023, ce mécanisme vise les touristes étrangers désireux de se rendre dans les wilayas du Grand Sud. Son principe est simple : au lieu d’obtenir un visa avant le départ, le voyageur peut le récupérer directement aux postes frontaliers à son arrivée en Algérie.
La condition principale reste le passage obligatoire par une agence de tourisme algérienne agréée. C’est cette agence qui soumet la demande de visa via les plateformes numériques des directions du tourisme, bien avant l’arrivée physique du visiteur. La durée du visa est alignée sur celle du séjour prévu, sans excédent inutile.
Lors de la réunion, la ministre a souligné que ce dispositif constitue « l’un des mécanismes les plus importants visant à faciliter l’accès à l’Algérie, à renforcer l’attractivité de la destination saharienne et à diversifier les marchés touristiques ciblés ». Ces propos reflètent une ambition plus large : faire du tourisme saharien un véritable pilier économique.
Au-delà des chiffres, c’est l’impact territorial qui est notable. La présence de ces 39 000 touristes étrangers dans les wilayas du Sud a engendré une activité économique locale significative. Hébergement, transport, guidage, artisanat : l’ensemble de la chaîne touristique en a profité, entraînant la création d’emplois directs et indirects pour les populations locales.
La diversité des nationalités représentées, au total 120, témoigne d’un rayonnement géographique réel. Des marchés européens traditionnels aux nouvelles clientèles asiatiques ou africaines, la destination saharienne algérienne attire désormais un éventail de voyageurs bien plus large qu’il y a quelques années. Des sites tels que Djanet, Tamanrasset ou Timimoun se distinguent comme des pôles d’attraction de ce tourisme en pleine structuration.
Ce dynamisme s’inscrit dans une trajectoire nationale ambitieuse. L’Algérie, qui a accueilli près de 3,3 millions de visiteurs en 2023, vise 8 millions de touristes d’ici 2028 et 12 millions en 2030, avec une contribution du secteur pouvant atteindre 10 % du PIB. Le tourisme saharien est ciblé à 1,5 million de visiteurs.
La réunion de coordination n’a pas seulement été un exercice de bilan. Houria Meddahi en a profité pour émettre plusieurs directives concrètes à l’attention des acteurs du secteur.
Le premier chantier concerne la production de rapports d’évaluation mensuels, élaborés en coordination avec les agences de voyages. Ces documents devront intégrer des indicateurs précis sur le fonctionnement du visa à l’arrivée, afin d’identifier rapidement les éventuels dysfonctionnements. Le deuxième axe consiste à imposer aux directions régionales du tourisme de maintenir une coordination permanente avec les agences spécialisées dans le tourisme réceptif.
La ministre a également ordonné l’adoption d’un formulaire unifié et actualisé pour la collecte des données relatives aux touristes étrangers. Des sessions de formation sont également prévues pour les représentants des agences et les guides touristiques, afin d’harmoniser les pratiques sur le terrain.
