Migration : la route de l’Algérie vers l’Espagne en forte hausse
Entre janvier et août 2026, les entrées irrégulières vers l’Union européenne ont nettement reculé dans l’ensemble, mais la route reliant l’Algérie à l’Espagne fait figure d’exception. Selon Frontex, la Méditerranée occidentale est la seule grande voie migratoire en hausse, avec des conséquences directes pour les côtes espagnoles et pour les dispositifs de surveillance européens.
Une baisse générale, mais une exception en Méditerranée occidentale
Frontex indique avoir recensé près de 75 000 franchissements irréguliers aux frontières extérieures de l’UE sur les huit premiers mois de 2026, soit une baisse de 35 % par rapport à la même période de 2025. Cette tendance masque toutefois une progression marquée sur la Méditerranée occidentale, où environ 15 900 détections ont été comptabilisées, en hausse de 34 % sur un an.
Dans cette zone, l’Algérie reste le principal pays de départ mentionné par l’agence européenne. Les destinations les plus visées sont les Baléares et, plus largement, le continent espagnol. Frontex relie cette hausse à un déplacement des filières de passeurs, qui auraient réorienté une partie des départs vers les côtes algériennes après le renforcement des contrôles au Maroc et sur d’autres itinéraires voisins.
Des pics en été et des routes qui se déplacent
La pression a particulièrement augmenté en juillet, mois au cours duquel cette route a atteint son niveau mensuel le plus élevé depuis trois ans, avant un repli en août. L’agence souligne donc un phénomène de variation rapide, lié à l’activité des réseaux de passeurs et aux changements de surveillance sur les routes migratoires.
Cette évolution ne concerne pas seulement l’axe algérien. Frontex observe aussi des déplacements de flux entre plusieurs corridors, notamment en Afrique de l’Ouest et en Méditerranée centrale. L’agence précise par ailleurs que les chiffres globaux ne prennent pas en compte le mouvement massif observé fin juillet entre le Maroc et Ceuta, car la plupart des personnes concernées seraient reparties vers le Maroc sans enregistrement définitif.
Un contexte européen contrasté et un bilan humain lourd
Alors que la Méditerranée occidentale progresse, d’autres routes reculent fortement. La Méditerranée centrale a enregistré environ 19 400 arrivées, en baisse de 55 % sur un an, tandis que la route d’Afrique de l’Ouest a chuté de 58 %, à environ 5 100 détections. La Méditerranée orientale reste la plus fréquentée, avec plus de 24 200 franchissements, mais elle est elle aussi en baisse de 25 %.
Malgré ce recul global, le coût humain demeure élevé. L’Organisation internationale pour les migrations fait état de plus de 1 800 morts en Méditerranée depuis le début de l’année. Frontex rappelle aussi qu’elle déploie 3 800 officiers aux frontières extérieures de l’UE pour aider les États membres dans la surveillance, l’identification des arrivants et la collecte de données biométriques, dans le cadre du nouveau Pacte européen sur la migration et l’asile.
Ce qu’il faut retenir
- Frontex signale une baisse globale de 35 % des franchissements irréguliers vers l’UE entre janvier et août 2026, mais une hausse de 34 % sur la Méditerranée occidentale.
- L’Algérie reste le principal pays de départ sur cette route, avec environ 15 900 détections recensées et un pic observé en juillet.
- Malgré le recul de plusieurs autres itinéraires, plus de 1 800 décès en Méditerranée ont été signalés depuis le début de l’année par l’OIM.
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