Algérie

L’Algérie met en place une nouvelle police spécialisée : missions à définir.

Alors que la pression sur les ressources en eau s’accroît, l’Algérie se prépare à mettre en place une nouvelle stratégie pour faire face aux pertes engendrées par les usages illégaux de l’eau. Selon le ministre des Ressources hydriques, les vols d’eau représentent jusqu’à 50 % des volumes dans certaines wilayas, ce qui a conduit les autorités à envisager la création d’une police spécialisée.

Ce phénomène englobe principalement les raccordements clandestins aux réseaux publics, les forages non autorisés ainsi que certains usages jugés excessifs dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie. Pour les responsables, ces pratiques compliquent les efforts déployés pour garantir l’approvisionnement en eau potable dans un pays soumis à une forte pression climatique.

La mise en place de la police de l’eau devrait être effective prochainement. Lounès Bouzegza, ministre des Ressources hydriques, a annoncé que les textes réglementaires régissant ce nouveau dispositif seront publiés dans les jours à venir.

Lors d’une réunion de travail avec des responsables locaux à Béchar, en marge de sa visite dans la wilaya, le ministre a souligné l’ampleur des pertes dues aux branchements illégaux. « Les vols de l’eau représentent 30 %, 40 % voire 50 % dans certaines wilayas. Et cela ne peut plus être toléré », a-t-il déclaré.

Cette nouvelle entité aura pour mission de contrôler et de sanctionner plusieurs pratiques considérées comme des atteintes aux ressources hydriques, notamment : les raccordements clandestins sur les conduites publiques, les forages illicites, les prélèvements excessifs pour l’irrigation agricole, le pompage non contrôlé des eaux souterraines et certains usages industriels de l’eau potable.

Il convient de rappeler que ce projet a été évoqué lors du Conseil des ministres de janvier 2023, lorsque le président de la République avait donné des instructions pour renforcer la lutte contre les forages illégaux et le gaspillage de l’eau.

La création de la police de l’eau s’inscrit dans un contexte marqué par la baisse des ressources hydriques conventionnelles et l’impact des changements climatiques. Située dans une région majoritairement semi-aride à aride, l’Algérie mise désormais sur plusieurs solutions pour renforcer son approvisionnement.

Parmi ces alternatives figurent notamment le dessalement de l’eau de mer pour répondre aux besoins en eau potable, ainsi que la réutilisation des eaux traitées pour l’irrigation agricole.

Ces solutions nécessitent cependant des investissements conséquents. Les autorités cherchent donc à réduire les pertes sur les réseaux existants et à améliorer la gestion des ressources déjà mobilisées.

Le ministre avait déjà insisté, un mois auparavant, sur la nécessité de réduire l’utilisation de l’eau potable dans certaines activités industrielles et agricoles. Il avait appelé à orienter les ressources disponibles en fonction des priorités nationales.

Lors d’une visite antérieure à El-Tarf, Lounès Bouzegza avait donné un exemple illustrant les difficultés de suivi des consommations. Selon lui, une wilaya pouvait produire 160 000 litres par jour alors que ses besoins réels s’élevaient à 120 000 litres par jour.

Cet écart pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment des fuites importantes ou des branchements illicites. « Les deux facteurs doivent être identifiés et combattus », avait-il affirmé.

Pour améliorer le contrôle, le gouvernement prévoit également de renforcer l’utilisation des technologies numériques dans la gestion de l’eau. La mise en place de systèmes de commande à distance doit permettre de détecter plus rapidement les dysfonctionnements, les interruptions et les anomalies liées aux réseaux.