Algérie

Jusqu’à 30 DA de hausse : les bouteilles d’eau en canicule, pourquoi ?

Consommer de l’eau minérale en cette période de forte chaleur devient soudainement plus coûteux pour les ménages algériens. Dans de nombreuses épiceries, les packs affichent des hausses directes allant jusqu’à 30 dinars.

Entre l’augmentation des frais de transport annoncée par les grossistes et les risques de spéculation en pleine canicule, les consommateurs se retrouvent confrontés à des prix très variables d’un commerce à un autre.

Dans plusieurs quartiers d’Alger, les clients remarquent une augmentation immédiate des tarifs. Selon une enquête du quotidien El Khabar, le pack de six bouteilles subit une hausse de 20 à 30 dinars. Les marques les plus populaires voient leur prix passer de 220 à 250 dinars, tandis que d’autres références atteignent 280 dinars.

Un commerçant interrogé explique cette évolution, en présentant sa facture d’achat. Son prix d’approvisionnement en gros est passé de 185 à 215 dinars le pack. Pour éviter de vendre à perte, l’épicier répercute cette différence sur le prix final. Les livreurs et grossistes avancent plusieurs raisons pour justifier ce surcoût :

– La hausse des dépenses liées au transport et au carburant.
– L’augmentation des frais d’entretien des véhicules de livraison.
– L’accroissement des charges logistiques en période estivale.

Face à ces hausses appliquées sans préavis, l’Union nationale de protection du consommateur reçoit de nombreux signalements de citoyens confrontés à des prix différents pour un même produit.

Son président, Mahfoud Harzali, précise la situation : « L’Union nationale de protection du consommateur a constaté, au cours des dernières semaines, des hausses sur les prix de certaines marques d’eau minérale, avec des écarts d’une région à une autre et d’un point de vente à un autre. »

Il rappelle que ces ajustements ne doivent pas servir à réaliser des bénéfices exagérés sur le dos des ménages : « Toute augmentation des prix des produits, y compris l’eau minérale, doit être justifiée et transparente. Elle doit reposer sur des motifs économiques réels et explicables, dans le respect de la législation relative à la concurrence et à la protection du consommateur. »

Les producteurs évoquent également la hausse du coût des matières premières, notamment le plastique utilisé pour la fabrication des bouteilles. Cependant, la multiplication des intermédiaires entre l’usine et le commerce de détail accentue les variations de prix sur le terrain.

Afin de contenir les abus pendant la période estivale, l’association demande un suivi rigoureux sur l’ensemble de la chaîne de distribution. Cela permettrait de vérifier la réalité des marges appliquées et d’éviter que des hausses injustifiées ne pèsent sur le budget des acheteurs.