Importations en Algérie : Tebboune réagit aux fausses déclarations de données
Réunion d’urgence au sommet de l’État algérien. Ce lundi, le président Abdelmadjid Tebboune a rassemblé le Premier ministre ainsi que plusieurs hauts responsables des secteurs du commerce et des finances. Cette convocation fait suite à des révélations alarmantes du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, qui mettent en lumière des fausses déclarations ayant des répercussions directes sur les finances publiques.
Selon un communiqué émis par la Présidence, cette réunion avait pour but d’analyser en profondeur les informations fournies par le ministère. Les chiffres évoqués sont suffisamment préoccupants pour nécessiter une réaction immédiate de la part des autorités compétentes.
Les données en question impactent non seulement l’économie nationale, mais également les fonds publics. C’est pourquoi le chef de l’État a jugé essentiel de réunir les acteurs clés du commerce et des finances, deux secteurs directement liés aux mécanismes d’importation et d’exportation.
La présidence a également annoncé que des mesures seraient prises contre les responsables de ces déclarations fallacieuses. Bien qu’aucun calendrier précis n’ait été communiqué, le ton du message laisse peu de place au doute quant à la gravité de la situation.
Les fausses déclarations sont qualifiées par le communiqué de la présidence d’attaques contre le Trésor public. Ces agissements seraient le fruit d’un plan soigneusement orchestré, visant à affaiblir les fondements de l’économie nationale. Il ne s’agit donc pas de simples erreurs administratives, mais d’une stratégie délibérée, plaçant le dossier dans le cadre d’une menace pour la sécurité économique du pays.
L’affaire a été mise en lumière le 3 septembre dernier, lorsque l’analyse croisée des dossiers de 1 013 opérateurs économiques a révélé l’utilisation de documents identiques dans le cadre des demandes d’importation de matières premières et d’équipements. Le ministère a précisé que le système d’analyse automatisé, alimenté par l’intelligence artificielle, a identifié des anomalies jugées « suspectes et hors normes ». Ces incohérences concernent des documents qui devraient être uniques à chaque entreprise.
L’examen détaillé des données a montré que 278 opérateurs avaient soumis des déclarations de salariés identiques à la CNAS, représentant 27,4 % des dossiers concernés. De plus, 277 opérateurs ont utilisé la même attestation d’affiliation à la CASNOS (27,3 %), tandis que 240 dossiers présentaient un extrait de rôle fiscal identique (23,7 %).
Plus inquiétant encore, l’enquête a révélé que 38 opérateurs avaient déposé une liste identique de marchandises éligibles aux avantages de l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI), et 25 autres avaient présenté la même attestation d’enregistrement auprès de cette agence. Enfin, 25 dossiers partageaient le même relevé d’identité bancaire (RIB), et 14 cas impliquaient des documents identiques relatifs au programme complémentaire de l’entreprise. Ces anomalies recoupent précisément le total des 1 013 opérateurs signalés.
