
Présidentielle 2027 : Edouard Philippe et Attal, duel pour le renouveau à Paris
Edouard Philippe est candidat à la présidentielle depuis presque deux ans, ayant été lancé dans la course à l’Elysée dès septembre 2024. Lors de son rassemblement de campagne à l’Adidas Arena le 5 juillet 2026 à Paris, il a déclaré qu’il allait « se battre, encore et encore, avec ma raison, avec mon cœur et mes tripes ».
À l’Adidas Arena de Paris,
Il ne faut pas l’oublier, Edouard Philippe est candidat à la présidentielle depuis près de deux ans. Débutant très tôt sa campagne pour l’Elysée, dès septembre 2024, l’ancien Premier ministre peine à trouver son rythme. Malgré une réélection claire au Havre en mars dernier, l’ex-membre des Républicains n’a pas réussi à enclencher une dynamique et se retrouve désormais face à la concurrence de Gabriel Attal au centre et de Bruno Retailleau à droite. Le leader du parti Horizons rassemblait ce dimanche après-midi des milliers de partisans à l’Adidas Arena, située porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Ses proches espèrent que cela marquera « un moment de bascule » dans ce début de campagne particulier.

Peu avant 15 heures, les jeunes militants commencent à cramer dans les premiers rangs. « Edouard Philippe va démontrer qu’il a un programme solide et une capacité à rassembler son camp », s’enthousiasme Gaspard, 17 ans, l’un des membres des Jeunes Horizons. Au micro, les noms des soutiens sont énoncés pendant de longues minutes, alignés en rangs d’oignon quelques étages plus haut, comme on exhibe des trophées. Laurent Wauquiez est absent, mais l’ex-sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet est présente, tout comme les ministres Maud Bregeon et Mathieu Lefèvre, qui pourtant appartiennent à Renaissance, le parti… de Gabriel Attal.
« C’est essentiel d’avoir des personnalités de premier plan, cela démontre l’attractivité spécifique d’Edouard Philippe », souligne Jean-Paul Michel, maire Horizons de Lagny-sur-Marne, en Seine-et-Marne. « Il faut créer une dynamique, car à la fin, il n’y aura qu’un seul candidat de notre camp », ajoute-t-il. C’est le défi des mois à venir : s’adresser aux Français… et surtout se distinguer des anciens alliés du bloc central. Avec l’espoir d’être le candidat le mieux placé pour rassembler sous son propre étendard. Edouard Philippe a d’ailleurs reconnu cette semaine que le maintien de sa candidature et celle de Gabriel Attal serait « dangereux » pour 2027, évoquant un « processus » de départage avec son rival entre novembre et février.
« C’est une compétition aux sondages, une primaire qui ne dit pas son nom. Chacun veut terrasser l’autre, c’est tout l’enjeu de ce meeting », fait remarquer Alex, militant de 25 ans. L’affrontement entre ces frères ennemis se joue également sur des symboles. « On sait bien qu’il y a des militants d’Attal dans la salle, qui sont venus prendre des photos de sièges vides », déplore un soutien de Philippe.

Répliques à Gabriel Attal
Sur scène, Edouard Philippe présente pendant environ 1h15 les bases de son projet présidentiel. Il répond également aux premières attaques de son rival Renaissance, qui l’accuse de vouloir imposer aux Français un « sang et des larmes » avec une cure d’austérité et une nouvelle réforme des retraites. « Soyons sérieux, il s’agit d’un peu de sueur oui. Je demanderai des efforts, mais des efforts justes, partagés et étalés dans le temps », a répliqué le maire du Havre. « J’assume de dire aux retraités qu’ils devront contribuer davantage, et aux cadres et employés du secteur public et privé qu’il faudra travailler plus longtemps » et à l’État qu’il devra « se serrer la ceinture ».
Le candidat Horizons ne vise jamais directement Gabriel Attal, ou peut-être seulement à travers une attaque voilée lors d’un propos plus personnel : « Je ne vais pas exhiber ma vie privée ou familiale. Ce n’est pas notre manière de faire et je pense qu’un responsable politique est beaucoup plus ce qu’il est, que ce qu’il prétend être sur les réseaux sociaux. »
Edouard Philippe garde ses critiques les plus sévères pour le Rassemblement national et La France insoumise. « Le RN est un en même temps qui ne s’assume pas : social dans le Nord, libéral dans le Sud, porte-voix revendiqué des classes populaires dans les campagnes, mais gourmand des petits-fours à Monte-Carlo. »
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En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, il « a fait le choix de la division communautariste, en flirtant avec l’antisémitisme le plus rance, la haine du flic et la haine du riche », déclare l’élu normand. Edouard Philippe se veut le rempart contre ces « deux impasses », souvent citées comme de possibles candidats au second tour dans les sondages. « Alors je vais me battre, je vais me battre encore et encore, avec ma raison, avec mon cœur et mes tripes », déclare-t-il sous les acclamations de ses partisans. Une façon de signifier qu’il n’est pas prêt à abandonner. En tout cas, pas pour le moment.
