Belgique

Au Venezuela, des chiens sauveteurs ne cherchent plus de survivants du séisme.

Le tremblement de terre du 24 juin a provoqué la mort de près de 3.000 personnes au Venezuela, et le nombre de disparus se chiffre en milliers. Plus de 16.000 personnes se retrouvent sans logement dans le pays depuis ces séismes.


Avec son harnais noir, la labrador retriever marron avance sans relâche au milieu des ruines des immeubles détruits lors des tremblements de terre du 24 juin qui ont causé près de 3 000 morts.

Le nombre de disparus reste indéterminé mais se chiffre en milliers, et les chances de retrouver des survivants sont très limitées. Les équipes internationales de secouristes commencent à quitter le pays.

Sisu, membre de la Florida Task Force 2, recherche des survivants uniquement avec son flair.

« Le travail consiste à détecter où se trouvent des humains », explique à l’AFP Alexander Parada, également membre de la Florida Task Force 2, aux côtés de la labrador retriever Piper, qui a sauvé deux personnes au Venezuela. « Ils font un travail que nous ne pouvons pas faire », ajoute-t-il.

Les chiens, premiers à intervenir lorsqu’une équipe arrive sur une zone soupçonnée de contenir des victimes vivantes, peuvent signaler une présence. Un deuxième animal est ensuite envoyé pour confirmer la découverte, précise Sylvia Arango, responsable de Sisu et guide canin depuis 1998. Dès lors, des radars ou des caméras affinent les coordonnées de l’endroit où les victimes pourraient se trouver.

Grâce à leur flair, les chiens de recherche précisent rapidement l’opération de secours en inspectant des zones vastes, souligne M. Parada, une rapidité d’autant plus cruciale que les chances de retrouver des personnes vivantes diminuent au fil du temps, avec une fenêtre initiale de 72 heures.

Sisu a fait partie des plus de 120 sauveteurs à quatre pattes déployés dans les opérations de secours dans plusieurs communautés de La Guaira, la région côtière la plus touchée par la catastrophe. Certains chiens, comme Tsunami, un border collie aux yeux différents, ont touché les Vénézuéliens par leur histoire de résilience : un animal sauvé des mauvais traitements, devenu un sauveur de vies humaines.

Tout comme leurs homologues humains, ces chiens ont travaillé par équipes de 12 heures lors de missions dangereuses. Ces animaux ont œuvré sous des températures élevées à La Guaira, risquant des déshydratations et des abrasions sur leur pelage, visibles sur le cou de Sisu.

Ils se sont également frayé un chemin à travers les décombres ou d’étroits tunnels formés par un enchevêtrement de murs, de colonnes et de poutres brisées, à la recherche de survivants. Les opérations ont entraîné des blessures, fractures et séquelles émotionnelles pour certains.

Cependant, le risque fait partie intégrante du travail. « Quand nous grimpons sur ces monceaux de décombres, nous ne sommes jamais sûrs de nous en tirer », précise Mme Arango.

Quelles qualités un chien doit-il posséder pour devenir sauveteur ? Il doit avoir beaucoup d’énergie, mais également la capacité d’évoluer sans crainte dans des environnements instables. « En général, on parle de force de caractère. C’est comme lorsqu’on les emmène voir quelque chose d’étrange et qu’ils disent ‘oh !’, puis veulent aller l’examiner », raconte Mme Arango. Le sexe du chien n’est pas un critère déterminant.

Bien que la plupart des chiens de cette équipe américaine soient des labradors retriever, il y a également des border collies, des golden retrievers, des bergers belges malinois et des bergers allemands.

Sisu a été l’un des nombreux chiens de sauvetage parmi plus de 120, envoyés par une douzaine de pays. Samedi, dix jours après les tremblements de terre qui ont laissé plus de 16 000 personnes sans abri, des missions brésiliennes et espagnoles continuaient de fouiller les zones dévastées avec leurs animaux.

Pour Sisu et Piper, il était temps de ranger leurs jouets et de se préparer à rentrer chez eux.

Mme Arango évoque avec émotion comment Sisu a apporté de la joie dans cette mer de tristesse : « C’est une situation tragique. Mais lorsqu’une personne qui souffre s’approche, nos chiens peuvent la faire sourire, et les enfants ont la possibilité de venir vers eux et de les caresser. C’est aussi l’occasion de […] essayer, pendant un moment, de ne pas penser aux horreurs qu’ils vivent, et simplement de recevoir l’amour d’un toutou heureux. »