Mobilisation massive contre les violences sexuelles après l’affaire Lyhanna.
Des milliers de manifestants, dont de nombreuses familles avec enfants, se sont rassemblés partout en France ce samedi contre les violences sexuelles à l’appel d’associations féministes et de défense des enfants. Plus de 340.000 personnes ont signé une pétition en ligne pour cette loi.
« Pour Lyhanna, on n’oublie pas ! » Des milliers de manifestants, incluant de nombreuses familles avec enfants, se sont réunis partout en France ce samedi pour s’opposer aux violences sexuelles, à l’initiative d’associations féministes et de défense des droits des enfants. Ils ont réclamé une « loi-cadre intégrale » sur cette problématique.
À Paris, le cortège a démarré sous une chaleur écrasante vers 15 heures, partant de la place de la Bastille en direction de Nation. Les manifestants chantaient : « La vérité sort de la bouche des enfants », « 160.000 enfants que faites-vous ? », « Darmanin, des moyens ! », accompagnés de musiques d’Angèle et Clara Luciani. Raphaël, présent avec sa femme et ses deux enfants, a déclaré à l’AFP : « Nous sommes touchés personnellement en raison des agressions sexuelles dans les écoles où sont nos enfants à Paris. Les politiques font semblant de prendre des mesures. » Les organisateurs ont revendiqué 100.000 participants à Paris, qualifiant cet événement de « mobilisation historique contre les violences sexuelles ».
Des manifestations ont eu lieu dans environ 110 villes françaises, dont Agen, Dijon ou Toulouse. À Rennes, 200 à 300 personnes se sont réunies, parmi lesquelles François Rouillard, 43 ans et père de deux filles, a exprimé le souhait à l’AFP d’une « éducation accrue au niveau de l’école » et d’une meilleure communication sur le rapport hommes-femmes et le respect. Les organisateurs, regroupant 180 associations, réclament une loi « globale » au lieu de « mesures et lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives ». Ce texte vise à lutter « à 360 degrés » contre les violences, couvrant la prévention, le traitement judiciaire et l’accompagnement des victimes, notamment les plus vulnérables.
Cette « coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale » avait proposé, fin 2024, un ensemble de 140 mesures inspirées du modèle espagnol. Ces propositions ont mené à la rédaction d’une proposition de loi de 78 mesures, déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, soutenue par près d’une centaine de députés principalement de gauche (hors LFI) et de la coalition gouvernementale.
Depuis l’affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans violée et tuée dans le Gers, la coalition organise chaque lundi soir des rassemblements devant les tribunaux régionaux et devant le ministère de la Justice à Paris. Plus de 340.000 personnes ont signé une pétition en ligne pour la mise en place de cette loi. En réponse au drame, le gouvernement a annoncé des mesures de lutte contre la pédocriminalité, dont certaines inspirées par les associations.
