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Stellantis ne conserve pas le thermique ni l’hybride pour sa future 2CV électrique.

Stellantis a décidé que sa future gamme de petites voitures inspirée de la 2CV sera exclusivement proposée en version électrique, sans version thermique ni hybride prévue pour l’instant. Ces citadines ne sont pas attendues avant 2028 et devraient être produites à l’usine de Pomigliano, en Italie, avec un tarif viser sous les 15 000 euros.


Stellantis a mis fin à un débat qui semblait déjà tranché depuis des années : pour sa future gamme de petites voitures inspirées de la 2CV, le groupe abandonne l’hybride et le thermique au profit du tout-électrique. Cette décision constitue une déviation notable par rapport à la « liberté de choix » que le groupe vantait jusqu’à présent.

Depuis plusieurs années, Stellantis n’a cessé de répéter qu’il ne mettrait jamais tous ses œufs dans le même panier, à l’image de Toyota et d’autres constructeurs comme Mercedes et Audi, qui avaient annoncé un virage vers l’électrique avant de revenir sur leurs promesses en raison d’un marché moins dynamique que prévu.

Cependant, les temps changent et les réglementations aussi. En février dernier, après avoir annoncé d’importantes dépréciations liées à son activité électrique, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, avait encore affirmé la volonté du groupe de rester un « phare de la liberté de choix », notamment pour les consommateurs préférant un hybride ou un modèle thermique moderne. Ce discours laissait entendre un potentiel réinvestissement dans les motorisations thermiques.

Néanmoins, pour sa future gamme de petites citadines européennes, appelée en interne « E-Car Project », dont la 2CV électrique sera l’emblème, le groupe modifie sa stratégie. Emanuele Cappellano, le directeur de Stellantis pour l’Europe, a confirmé lors du congrès Automotive News Europe à Bruxelles, à la mi-juin, que ces modèles seraient uniquement proposés en version électrique, sans version thermique ni hybride pour le moment.

Concrètement, ces citadines ne devraient pas arriver avant 2028, basées sur la plateforme dédiée E-Car produite à l’usine de Pomigliano, en Italie, là où est déjà fabriquée la Fiat Panda. Stellantis vise un prix inférieur à 15 000 euros, un montant qui, s’il se maintient, situerait ces modèles en dessous de la Renault Twingo E-Tech et de la Leapmotor T03.

La renaissance de la 2CV sous forme électrique n’est plus une simple rumeur depuis que Citroën a officialisé son projet en mai dernier. Xavier Chardon, le responsable de la marque aux chevrons, a évoqué une voiture censée « réenchanter la mobilité électrique », à l’instar de l’originale qui avait démocratisé l’automobile.

Cependant, cette promesse séduisante devra être confrontée à la réalité en termes de prix de vente et d’autonomie une fois le véhicule présenté, car le récent parcours des véhicules électriques abordables a souvent rencontré des obstacles dans ces domaines.

Il convient également de ne pas trop jouer la carte du néo-rétro. Renault a déjà brillamment exploité cette tendance avec ses modèles Twingo E-Tech, R5 E-Tech et R4, et bien que cela fonctionne pour l’instant, la pérennité de cette stratégie reste à évaluer.

Derrière ce choix de se tourner uniquement vers l’électrique, il est difficile de ne pas y voir un calcul économique et réglementaire. Développer une version thermique conforme aux futures normes d’émissions représenterait un coût élevé pour un segment aux marges déjà serrées. C’est d’ailleurs le même raisonnement qui a poussé Volkswagen à abandonner la Polo thermique au profit de l’ID. Polo électrique, sans que l’on puisse y voir une réelle logique environnementale, même si les départements marketing tenteront de le faire croire.

Un argument réglementaire important vient également alourdir la balance : la Commission européenne prépare une nouvelle catégorie, la M1E, destinée aux petites électriques de moins de 4,20 mètres, qui bénéficiera d’un coefficient de 1,3 dans le calcul des émissions moyennes de CO2 du constructeur. En d’autres termes, chaque petite électrique vendue permettra à Stellantis de compenser plus facilement les émissions de ses modèles thermiques plus volumineux.