Tunisie

Réforme éducative : plan de développement 2026-2030 annoncé

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a affirmé que le système éducatif fera face à une série de défis liés aux mutations démographiques, économiques, sociales et numériques, avec une prévision d’atteindre 1,189 million d’élèves d’ici 2030. Selon le ministre, le plan de développement vise à améliorer les acquis des élèves, avec un objectif que 85,7 % d’entre eux obtiennent une note supérieure ou égale à 10 en lecture et un taux de réussite au baccalauréat de 60 % d’ici 2030.


Lors de la présentation aujourd’hui des politiques de développement inclues dans le projet de plan de développement 2026-2030, au cours d’une séance d’audition devant l’ensemble des commissions parlementaires, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a déclaré que le système éducatif fera face, dans la période à venir, à une série de défis en lien avec les mutations démographiques, économiques, sociales et numériques rapides. En effet, 70 % de la population est concentrée dans les villes, en plus de l’augmentation continue du nombre d’élèves dans les cycles préparatoire (collège) et secondaire durant la période du plan. Ce chiffre devrait atteindre 1,189 million d’élèves d’ici 2030, ce qui exercera une pression sur les établissements scolaires pour qu’ils améliorent leurs infrastructures, fournissent des espaces, des équipements et des enseignants afin d’améliorer leurs performances et garantir la qualité.

Selon Abdelhafidh, les mutations économiques et numériques nécessitent également l’intégration des technologies et des connaissances modernes dans le secteur de l’éducation pour s’adapter aux besoins d’un marché du travail en constante évolution. Il a souligné qu’il est désormais essentiel de développer la politique éducative en élaborant une nouvelle vision pour l’avenir de l’éducation, fondée sur un processus de réforme global et intégré, visant à réaliser les objectifs nationaux et à accomplir un saut qualitatif dans l’éducation, tant au niveau du contenu, des mécanismes que des objectifs.

Les objectifs stratégiques pour la période 2026-2030 prévoient d’améliorer la qualité de l’éducation ainsi que le développement des compétences et des connaissances. Cela impliquera des améliorations dans les apprentissages, l’optimisation du rendement éducatif et le renforcement de l’éducation préscolaire, à travers l’élaboration d’un kit pédagogique pour le programme de l’année préparatoire, l’extension des services et l’amélioration de la qualité de la formation, avec pour objectif que 100 % des nouveaux inscrits en première année primaire aient bénéficié de l’année préparatoire d’ici 2030. De plus, il est prévu de moderniser les programmes officiels afin d’y inclure des compétences de vie, l’éducation aux valeurs, à la santé, à la citoyenneté, aux droits et à l’environnement, renforçant ainsi la formation des jeunes aux compétences de base de la vie. Le plan prévoit aussi une révision du temps scolaire et du temps d’apprentissage pour garantir l’efficacité et le bien-être psychologique des élèves, ainsi que le renforcement de la formation des enseignants et des professionnels de l’éducation, et la restructuration de l’enseignement et des parcours d’orientation à travers la révision de l’architecture du système éducatif. Cela permettra de développer l’enseignement technique et professionnel et de créer des parcours et des passerelles flexibles répondant aux besoins de l’économie nationale et du marché du travail, tout en assurant l’excellence et la réussite. Ainsi, il est attendu que le taux d’orientation vers les filières scientifiques atteigne 65 % et 10 % vers l’enseignement technique d’ici 2030.

Selon le ministre, le plan de développement comprend également la modernisation du système d’évaluation et l’instauration d’un dispositif d’évaluation des acquis des élèves, en allégeant l’évaluation sommative au profit de nouvelles approches (formatrice, approche par projet…) et en mettant en place une étape d’évaluation nationale à la fin de chaque cycle. Il a indiqué que la mise en œuvre de ces réformes devrait permettre d’améliorer les acquis des élèves : il est ainsi attendu que 85,7 % des élèves obtiennent une note supérieure ou égale à 10 en lecture dans les premier, deuxième et troisième cycles du primaire, et 68 % en mathématiques. De plus, le taux de réussite à l’examen de fin d’études de l’enseignement de base devrait atteindre 70 % et celui du baccalauréat 60 % d’ici 2030.

Selon M. Abdelhafidh, le plan prévoit une transformation numérique éducative globale, développant une infrastructure numérique adaptée à tous les établissements scolaires et produisant des contenus et ressources numériques pour toutes les catégories. Cela inclura la création de contenus interactifs, adaptatifs et multimédias, ainsi que de manuels scolaires numériques, en plus du soutien à l’innovation dans la production numérique, et la création d’unités d’apprentissage spécifiques pour les personnes ayant des besoins particuliers. Grâce à cela, le taux de couverture par les réseaux informatiques internes dans les établissements scolaires devrait atteindre 100 % et le taux de couverture des écoles primaires par les mallettes numériques devrait également atteindre 100 % d’ici 2030. Le plan vise également à lutter contre le décrochage scolaire en généralisant l’école de la deuxième chance dans les régions à fort taux d’abandon, et en instaurant un système de détection précoce des élèves à risque d’échec scolaire. Il est ainsi anticipé de réduire les taux de décrochage dans le primaire, le préparatoire et le secondaire pour atteindre des taux respectifs de 0,3 % et 5,8 % pour le préparatoire et le secondaire d’ici 2030.