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Canicule : Insultes et bagarres, la chasse au climatiseur au Lidl tourne au chaos

Ce jeudi, l’enseigne Lidl a commercialisé 200.000 climatiseurs et ventilateurs, provoquant des scènes de chaos à travers la France, y compris à Levallois-Perret. Le magasin a annoncé fermer ses portes face à la situation qui dégénère, mais a finalement rouvert « pour les personnes voulant faire les courses alimentaires ».

À Levallois-Perret,

La climatisation est réservée à ceux qui se lèvent tôt. Devant ce Lidl envahi comme les Champs-Élysées lors d’une finale, nombreux sont ceux qui regrettent de ne pas être arrivés encore plus tôt. Ce jeudi, l’enseigne proposait 200.000 climatiseurs et ventilateurs, entraînant des réveils matinaux et des scènes de chaos à travers la France.

Levallois-Perret ne fait pas exception, au point de nécessiter l’intervention d’une brigade de police municipale. La ville, située dans le département des Hauts-de-Seine, n’est pourtant pas réputée pour ses émeutes ou sa violence urbaine, et le travail des policiers y est habituellement assez tranquille. « Mais là, pour de la clim, les gens deviennent fous », confie un agent à un passant intrigué par la scène. « On sait que ça peut dégénérer ». Des paris circulent même : les lacrymogènes seront-elles utilisées ?

« Les derniers ventilateurs sont en train de partir »

Fous, vraiment ? « Je ne survivrais pas à une nouvelle canicule sans équipement », se défend Mathilde, arrivée à 9 heures. « Il fallait bien tenter le coup, il faisait 36 °C chez moi l’autre jour », alors qu’une nouvelle hausse des températures est craintes dès la fin de semaine. La trentenaire perd néanmoins tout espoir à son arrivée, voyant la file immense qui remontait toute la rue. « Comme ce Lidl ouvre à 10 heures, je pensais que les gens iraient au travail et qu’il y aurait moins de monde… ». Malheureusement, le magasin est déjà rempli à son ouverture et rapidement, il n’accepte plus d’entrer.

L’attente devient insupportable à mesure que les mauvaises nouvelles circulent parmi la foule agglutinée à l’entrée : « Les derniers ventilateurs sont en train de partir », « il n’y a déjà plus rien ». Et la pire des annonces : « Apparemment, il n’y avait qu’un seul climatiseur disponible. »

« On nous prend pour des cons »

De quoi faire monter la tension encore davantage. « On nous prend pour des cons. Lidl savait qu’il y aurait du monde et là, on se retrouve entassés comme des bœufs alors qu’il n’avait prévu qu’un climatiseur », râle Brahim au milieu de la foule. Ceux qui sortent du magasin avec des ventilateurs suscitent des réactions partagées, suscitant des comparaisons avec Mbappé avant le Mondial. Certains applaudissent et félicitent les « heureux élus » comme s’ils sortaient d’une cérémonie de mariage, tandis que d’autres lancent des regards noirs et accusateurs. « Il m’a devancé… », « il a pris deux ventilateurs »…

Et puis il y a les optimistes, arrivés à 10 heures ou même 10h10, qui sont surpris de voir le magasin bondé. « On aurait dû venir plus tôt », se lamente une femme auprès de son mari. Mais à quelle heure fallait-il arriver pour espérer décrocher le gros lot ? Personne ne le sait, et là encore, les rumeurs vont bon train. « Il y avait du monde dès 8 heures », « certains étaient présents dès 6 heures du matin », « le premier était là il y a cinq heures ».

« J’ai posé une demi-journée »

La tension monte encore, provoquant les premières interventions policières. La foule refuse de reculer, des insultes fusent à l’encontre des forces de l’ordre, les bousculades se multiplient et des bagarres sont séparées. « Les flics, ce sont des fils de p…. Ils jouent les cow-boys pour des climatiseurs », se plaint un client. Face à la situation qui dégénère, le magasin annonce sa fermeture, mais personne n’y croit réellement et presque tous choisissent de rester.

Les seuls mini-ventilateurs restants n'auront pas de quoi satisfaire les consommateurs restants.
Les seuls mini-ventilateurs restants n’auront pas de quoi satisfaire les consommateurs restants - JLD/20 Minutes

Finalement, après que les policiers ont bel et bien menacé d’utiliser les lacrymogènes, le magasin rouvre « pour les personnes souhaitant faire des courses alimentaires ». L’espoir, parfois irrationnel, pousse de nombreux consommateurs à chercher quand même s’il ne reste pas un appareil oublié. Seuls des mini-ventilateurs portables sont encore disponibles. Personne n’est dupe, cela ne sera pas suffisant face à une nouvelle canicule. Mais face à l’absence d’alternative, que faire ? « J’ai posé une demi-journée, je ne peux pas rentrer les mains vides », explique une cliente.

Le rayon des mini-ventilateurs, franchement pas très utile, est quand même pris d'assaut, faute de mieux sous la main.
Le rayon des mini-ventilateurs, franchement pas très utile, est quand même pris d’assaut, faute de mieux sous la main. - JLD/20 Minutes

La situation atteint son paroxysme lorsque le seul climatiseur disponible est enfin évacué du magasin. L’heureux élu sort carrément sous escorte policière et ramène l’objet de toutes les convoitises jusqu’à sa voiture. Évasif, il refuse de communiquer son prénom ou l’heure à laquelle il est arrivé pour réussir cet exploit. Il n’accepte pas non plus de se faire prendre en photo, « par prudence ». On ne sait jamais, par les temps qui courent, il vaut mieux rester discret lorsqu’on est équipé contre la chaleur.