La famille belge la plus riche, wallonne, va-t-elle investir ?
Lundi, le groupe Lhoist a annoncé la vente de sa filiale américaine à Martin Marietta pour 11,8 milliards d’euros. La taxation des petits colis est entrée en vigueur ce 1er juillet.

« Les capitalistes wallons existent, reste à les mobiliser. » (Le Soir.)
Ah ? « Ils » existent ? N’était-ce pas, comme écrit le Soir « une espèce en voie de disparition, depuis le temps révolu des Frère, Boël, Solvay, Wittouck, Ullens et autres familles ?«
Non pas. « Ils » sont bien vivants. Comme en témoigne « lundi, l’annonce spectaculaire de la vente par le groupe Lhoist de sa filiale américaine à Martin Marietta, pour 11,8 milliards d’euros« . Preuve de « l’existence de grands groupes wallons champions dans leur domaine et dont les familles fondatrices contrôlent toujours la gestion et le capital. La branche ‘Berghmans’, aujourd’hui aux commandes, vient ainsi de consolider sa place au classement des Belges les plus riches, dans l’extrême discrétion qui la caractérise. »
Que nous dit cette juxtaposition entre le futur de Belfius et le méga deal d’un chaufournier belge que le monde nous envie ? Demande le quotidien, sinon la capacité de notre pays à mettre en avant de réelle force, des « atouts« .
Au monde politique à parvenir à les mobiliser sans tomber dans le caricatural. « Les enjeux […] méritent beaucoup mieux qu’un échange public de slogans entre le président des Engagés qui déclare vouloir ‘taxer les 5% les plus riches’, et le créateur d’Odoo, la success-story wallonne, qui réplique que sa seule option serait ‘de quitter la Belgique’« .

Politiquement, comment mobiliser ces grandes fortunes et l’épargne des ménages pour les orienter vers des actifs européens ? L’Echo posait la question hier. Et mutatis mutandis, apporte aujourd’hui une piste de réponse. Les pouvoirs publics peuvent légiférer autant qu’ils le souhaitent, au final, le choix est entre les mains de l’acteur économique.
Concernant la taxation des petits colis, entrée en vigueur ce 1er juillet, l’Echo applique cette maxime : « La clef est entre les mains des clients. L’Europe peut légiférer autant qu’elle veut (elle ne s’en prive pas) mais ne pourra jamais choisir à la place des clients. Plus simplement dit ? Si, malgré la taxe, des milliards de colis continuent d’affluer, c’est d’abord que des millions d’Européens alimentent le modèle en achetant auprès de ceux-là, Shein ou Temu ».
Aucune réglementation idéale n’existe. Ce n’est qu’un premier pas de l’Europe.
Le suivant est à charge du client.

Honteux. (Het Nieuwsblad.)
« Chacun sait que ce n’est plus Bart De Wever qui dirige la ville d’Anvers, mais Els Van Doesburg. Chacun sait aussi désormais que le président de Groen s’appelle Aimen Horch« .
L’homme, grâce à la police d’Anvers, a eu droit à ces « five minutes of fame« , estime le Nieuwsblad. Arrêté pour avoir pris part à une manifestation de militant pro palestinien, il a été arraché à la foule par des agents au visage masqué. Enfin, reprend l’éditorialiste, « arraché à la foule« , il n’y avait en réalité pas grand monde. Et pas vraiment de tumulte pour justifier une telle arrestation. A peine un peu de bruit, ce qui est ennuyeux en terrasse. Mais pas une situation de crise, non plus, conclut l’éditorialiste qui regrette « la posture politique de ces deux-là, le président de Groen, comme la bourgmestre d’Anvers. »

Les manifestants demandent que l’étendard soit retiré. La majorité anversoise (N-VA, Vooruit) se déchire depuis un moment déjà sur le sujet. Il a fallu à la N-VA composer avec le Vlaams Belang (parti d’extrême droite dans l’opposition à Anvers) pour maintenir le drapeau en place.
« Ne pas trouver d’issue est le signe d’une certaine rigidité politique de la part de cette bourgmestre, estime le quotidien. Ne pas vouloir entendre une bonne part de sa population, sympathisante avec la communauté palestinienne, c’est un manque d’intelligence émotionnelle. Et en venir, en marge du droit inaliénable à manifester, à arrêter un président de parti ne fera pas honneur à la réputation de la ville« cingle De Standaard en guise de conclusion.
