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Apple envisage d’acheter des puces à un fabricant chinois blacklisté.

Apple cherche à obtenir l’autorisation de se fournir en puces mémoire auprès de ChangXin Memory Technologies (CXMT), qui figure sur la liste noire du Pentagone. La marque a augmenté de 100 à 700 euros les prix d’un très grand nombre de produits, entraînant une chute d’environ 263 milliards de dollars de capitalisation, la deuxième plus grosse chute en une journée de l’histoire d’Apple.


Après avoir considérablement augmenté les prix de ses dispositifs en raison de la crise de la RAM, Apple sollicite l’autorisation de se fournir auprès d’un fabricant inscrit sur la liste noire par les États-Unis.

Selon le Financial Times, Apple plaide auprès du gouvernement américain pour obtenir le droit de se procurer des puces mémoire auprès de ChangXin Memory Technologies (CXMT), le principal fabricant chinois de mémoire DRAM. Toutefois, cette entreprise figure sur la liste noire du Pentagone, qui la considère comme ayant des liens avec l’armée chinoise.

Il est important de situer le contexte, car il en explique beaucoup. La DRAM est la mémoire vive essentielle de vos appareils, permettant de faire fonctionner les applications ouvertes simultanément. Le boom de l’intelligence artificielle a provoqué une forte demande, vidant ainsi les usines : les serveurs des grandes entreprises de l’IA consomment une quantité énorme de mémoire haut de gamme, asséchant l’offre pour la mémoire classique des smartphones et ordinateurs. Cela a conduit à une crise mondiale de la RAM, entraînant une forte augmentation des prix.

Apple a donc réajusté les prix d’un très grand nombre de ses produits, les faisant grimper de 100 à 700 euros. Ces hausses ont entraîné une perte d’environ 263 milliards de dollars de capitalisation (environ 231 milliards d’euros), marquant ainsi la deuxième plus importante chute en une journée dans l’histoire d’Apple. La marque vise donc à trouver rapidement des solutions durables.

CXMT a été qualifiée « d’entreprise militaire chinoise » par le département de la Défense américain sous l’administration de Joe Biden. Cette entreprise est soupçonnée d’avoir des liens avec l’Armée populaire de libération. Bien que cette liste ne prohibe pas légalement les achats chez ce fabricant, elle représente une pression significative.

De plus, le département du Commerce avait envisagé l’inscription de CXMT sur l’Entity List l’année dernière, une liste noire commerciale ayant des conséquences juridiques plus sévères, mais la Maison-Blanche a suspendu ce projet durant les négociations commerciales avec Pékin.

Concrètement, Apple souhaite obtenir une garantie : pouvoir intégrer des puces CXMT dans des millions d’appareils sans risque d’embargo brutal dans six mois. Cette proposition suscite déjà la colère d’élus américains, tant républicains que démocrates, qui l’interprètent comme une menace pour la sécurité nationale. Apple avait déjà subi des critiques en 2022 lorsqu’elle avait envisagé d’utiliser de la mémoire du chinois YMTC pour ses iPhone destinés à la Chine.

L’enjeu est clair pour Apple : en dehors de la Chine, le marché de la DRAM est dominé par trois acteurs, à savoir l’Américain Micron ainsi que les Sud-Coréens Samsung et SK Hynix. Inclure CXMT permettrait de disposer d’un quatrième levier pour réduire les coûts. En revanche, pour Washington, permettre à un champion chinois de la mémoire d’entrer sur le marché remet en cause des années d’efforts pour diminuer la dépendance aux technologies critiques en provenance de Chine. Ce sujet reste donc très débattu.

En attendant, on peut s’inquiéter de nouvelles hausses de prix pour les futurs iPhone, Apple Watch et AirPods, qui sont actuellement les seuls produits non affectés par les récentes augmentations de prix annoncées par Apple.