Test d’un PC HP caché dans un clavier low-profile : gadget ou bonne idée ?
Le HP EliteBoard G1a est un mini-PC intégré dans un clavier, pesant 670 g, proposé par HP, un fournisseur majeur de matériel informatique pour les entreprises. Le tarif du HP EliteBoard G1a débute à près de 2000 euros HT en prix public et aux alentours de 1200 euros HT auprès de ses partenaires directs.

HP se positionne comme l’un des principaux fournisseurs de matériel informatique pour les entreprises à l’échelle mondiale. Que ce soit des PC, des écrans, des imprimantes, des claviers ou des souris, tout est proposé. Le constructeur s’efforce d’intégrer les nouveaux usages de l’intelligence artificielle tout en développant des formats innovants pour le secteur professionnel.
Nous avons ainsi découvert l’imprimante connectée directement à Copilot, l’IA de Windows, marquant un véritable tournant avec l’intégration d’un PC dans un périphérique traditionnel. Lors du CES 2026, HP a également dévoilé une machine hybride, combinant les fonctionnalités d’un PC fixe et d’un PC portable : l’EliteBoard G1a.
Bien que nous ayons déjà observé ce type de châssis dans l’historique de l’informatique (pensons au Commodore 64 et à d’autres Amiga 500), ce format est revenu sur le devant de la scène grâce à la machine Raspberry Pi. C’est la première fois qu’un grand fabricant comme HP adopte entièrement ce concept pour ses clients professionnels. Nous avons donc été motivés à le tester pour évaluer ses diverses applications et ses performances sur le terrain.
Un PC… dans un clavier
Déballer l’HP EliteBoard G1a pour la première fois constitue une expérience unique. On se retrouve face à un clavier au format complet (incluant un pavé numérique) avec des touches chiclets classiques, plutôt épais et pesant 670 g. Dans les premières minutes, votre mémoire musculaire sera mise à l’épreuve avant de se rappeler que ce clavier, à l’apparence simple et minimaliste, abrite un PC moderne.


La partie supérieure du clavier abrite les grilles d’aération de l’appareil ainsi que ses ports sur le côté gauche : deux ports USB-C (un pour la charge, l’autre pour connecter des périphériques).

Avec son design passe-partout et son encombrement réduit, le HP EliteBoard s’adapte à tous les bureaux et coins de table, ce qui est l’un de ses objectifs. La machine est conçue pour être transportable et plug & play, nécessitant simplement un écran (et une souris) pour fonctionner.
Prise en main
En tant que clavier, le HP EliteBoard offre un confort appréciable : la saisie demeure agréable même après de longues heures d’utilisation. Toutefois, pour utiliser ce clavier, ou plus précisément le PC qu’il renferme, il est nécessaire de le connecter à un écran et à une source d’alimentation.

Au minimum, la connectivité se compose des deux ports USB-C mentionnés précédemment, tandis que HP propose des configurations avec ports HDMI et Ethernet en option. Une fois que le PC est branché, il suffit d’appuyer sur le bouton d’alimentation situé dans le coin supérieur droit du châssis, au niveau du pavé numérique. Ce même bouton peut également servir de capteur d’empreintes digitales pour le déverrouillage via Windows Hello.
HP a conçu l’EliteBoard pour des bureaux à postes de travail non attribués : vous pourrez vous connecter à n’importe quel écran en quelques secondes, sans avoir à éteindre la machine, car celle-ci dispose d’une batterie. La seule présence de ports USB-C dans la version standard nécessite toutefois l’utilisation d’un dongle ou d’un hub avec un port HDMI. Si votre écran dispose d’un port USB-C compatible avec Alt DisplayPort, vous pourrez utiliser le câble fourni par HP.

Des performances honorables… pour de la bureautique
Nous avons testé la configuration la moins puissante proposée par HP pour cet EliteBoard, dotée d’une puce AMD Ryzen AI 5 330 (4 cœurs, 8 threads, avec une fréquence de base de 2 GHz pouvant atteindre 4,5 GHz), associée à 16 Go de RAM en DDR5-5600 et un stockage de 512 Go sur un SSD NVMe en plein format.
Les résultats de nos tests de performance situent la puce légèrement en deçà d’un MacBook Air M1, ainsi que d’une puce Intel Core Ultra 7 de l’architecture Lunar Lake. L’iGPU Radeon 820M affiche des performances inférieures à presque tous nos autres tests, donc ne vous attendez pas à des résultats exceptionnels sur les applications nécessitant une accélération graphique.

La machine est compatible avec de nombreuses fonctionnalités IA de Copilot de Windows 11, qui peuvent consommer une part significative de votre mémoire vive. Bien que nous n’ayons rencontré aucun ralentissement ou dysfonctionnement lors de leur utilisation, il est préférable de les désactiver afin de libérer une plus grande partie de votre mémoire. La RAM est chère, même dans Windows.

Le PC offre une expérience fluide sur les applications courantes, notamment grâce à son SSD plein format qui permet des performances dignes de l’interface PCIe Gen 4, atteignant environ 7 Go/s en lecture et 6 Go/s en écriture. Toutefois, il est important de ne pas trop solliciter la machine dans sa configuration de base, qui aura du mal à faire tourner des applications plus exigeantes, surtout celles dépendant de la puce graphique.
Un objet tech fascinant, mais pas pour vous
Un PC complet intégré dans un clavier compact et confortable suscite sans aucun doute notre curiosité chez Frandroid. Cependant, HP a conçu cette machine pour les professionnels et les travailleurs en environnements de bureau. Il suffit de le transporter, de le connecter, puis de le débrancher et de répéter le processus plusieurs fois par semaine : c’est sa flexibilité et sa compacité qui représentent sa véritable force.
Cependant, a-t-on réellement besoin, notamment en entreprise, de remplacer un PC portable avec écran par un simple châssis sous forme de clavier, même s’il est petit ? Se déplacer d’un poste à un autre, changer d’écran et se raccorder à un dispositif d’affichage sont des tâches qu’un PC portable classique peut accomplir, et bien davantage.

Sur le long terme, l’EliteBoard G1a affronte un concurrent redoutable : la propre gamme de PC portables de HP. Un EliteBook 6 G1a équipée de la puce Ryzen AI 7 350, avec 24 Go de RAM et un SSD de 512 Go, est proposée à environ 1 299 dollars (soit environ 1 200 euros hors taxe), ce qui est moins cher que l’entrée de gamme de l’EliteBoard, écran compris. Finalement, le coût d’achat qui se justifie par le gain de place peut s’avérer élevé, d’autant qu’il est souvent nécessaire d’ajouter un écran USB-C compatible pour bénéficier du branchement à un seul câble.
Ce modèle appartient à la gamme EliteDesk chez HP, qui comprend également plusieurs boîtiers PC fixes (dont un mini-PC) ainsi qu’un écran externe. Cela permet de comprendre que la compacité, en plus de la flexibilité évidente du produit, constitue des facteurs commerciaux indéniables pour le constructeur.
Un point positif pour les services informatiques : HP a conçu une machine réparable. La mémoire en SO-DIMM DDR5, le SSD M.2 NVMe et la batterie sont accessibles, et le module clavier peut être remplacé par le haut en moins de dix minutes selon le constructeur. Cela permet de prolonger la durée de vie du matériel plutôt que de le remplacer entièrement en cas de panne.
Le prix du HP EliteBoard G1a débute à environ 2000 euros hors taxes au tarif public et tourne autour de 1200 euros hors taxes auprès de ses partenaires directs.
