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Wimbledon : « Une lenteur exaspérante… » la lutte pour de nouveaux courts

Les organisateurs du tournoi de Wimbledon cherchent à tripler la superficie du site depuis cinq ans, mais font face à l’opposition des riverains. En mars, la justice britannique a rendu une décision favorable à l’AELTC, tandis que l’association SWP a fait appel de cette décision et de l’autorisation d’urbanisme délivrée en 2024.


La patience des organisateurs du tournoi de Wimbledon est mise à l’épreuve. Souhaitant tripler la superficie du site situé dans le sud-ouest de Londres, ils rencontrent l’opposition des riverains depuis cinq ans. Cette année encore, les qualifications se sont déroulées à Roehampton, à plusieurs kilomètres de Wimbledon, ce qui contrarie le All England Club (AELTC), qui organise le tournoi depuis 1877.

« Si l’on prend Roland-Garros, l’US Open ou l’Open d’Australie, tous organisent leurs qualifications sur place », a récemment déclaré Deborah Jevans, la présidente de l’AELTC. « Nous ne pouvons pas le faire tant que nous n’aurons pas réglé ces litiges juridiques », un processus d’ « une lenteur exaspérante », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse.

Au cœur du conflit se trouve le Wimbledon Park, un espace vert avec un lac créé au XVIIIe siècle, séparé par une route du site du tournoi. L’AELTC souhaite y construire 38 nouveaux courts de tennis et un stade de 8.000 places sur les anciens terrains de golf de Wimbledon. Cela permettrait de ramener les qualifications sur le site du tournoi et d’accueillir un plus grand nombre de spectateurs. Cependant, les 25 résidents locaux faisant partie de l’organisation « Save Wimbledon Park » (SWP) s’y opposent fermement.

« Ils sont en train de détruire l’un de leurs atouts majeurs : la beauté de leur emplacement », affirme Jonathan Morrish, résident du quartier depuis 45 ans. Wimbledon a « du cachet » grâce à sa verdure et son ambiance de village, ajoute-t-il. Ce débat rappelle celui entourant l’extension de Roland-Garros. Le projet de construction du court Simonne-Mathieu avait suscité des résistances de la part des défenseurs du patrimoine contre l’annexion du jardin des serres d’Auteuil.

Après plus de cinq ans de litiges, la justice s’était penchée sur le dossier en 2017 en faveur de la Fédération française de tennis, et le Simonne-Mathieu reçoit des joueurs et des spectateurs depuis 2019. La superficie de Roland-Garros a ainsi augmenté de 50 %.

En mars, la justice britannique a donné un avis favorable à l’AELTC, déclarant que l’aménagement prévu n’était pas soumis à des restrictions concernant l’usage du terrain. L’association SWP a interjeté appel et a également contesté l’autorisation d’urbanisme accordée en 2024 par la métropole du Grand Londres. Une audience est prévue en octobre. Pour Deborah Jevans, « il faudra peut-être attendre plusieurs années » avant que l’extension ne se réalise.