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Colombie : le candidat de gauche reconnaît la victoire d’Abelardo de la Espriella à la présidentielle

Iván Cepeda a déclaré : « J’ai décidé d’accepter le résultat qui découle de ce processus et qui dit qu’Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République ». Selon le décompte préliminaire rendu public dimanche, le candidat du parti au pouvoir a perdu avec moins d’un point de pourcentage d’écart (49,7 % contre 48,7 %).


L’extrême droite populiste poursuit son expansion en Amérique latine. Ce mercredi en Colombie, Iván Cepeda, successeur du président sortant Gustavo Petro, a reconnu sa défaite face au candidat de l’ultradroite de la Espriella, lors d’un scrutin qui restera gravé comme celui avec la participation la plus élevée de l’histoire du pays sud-américain.

« J’ai décidé d’accepter le résultat qui découle de ce processus et qui dit qu’Abelardo de la Espriella est le nouveau président de la République », a déclaré Iván Cepeda, défenseur des droits humains âgé de 63 ans, lors d’une conférence de presse.

« Intervention directe » des États-Unis

Selon le décompte préliminaire rendu public dimanche, jour des élections, le candidat du parti au pouvoir a perdu avec moins d’un point de pourcentage d’écart (49,7 % contre 48,7 %). Il avait au départ indiqué qu’il n’accepterait les résultats qu’après le décompte final, prévu pour mercredi.

« Je le fais pour contribuer à la coexistence, à la paix et au dialogue entre Colombiens », a ajouté Iván Cepeda, qui avait lancé lundi un appel « au calme » après des manifestations et des affrontements entre ses partisans et la police antiémeute dans des villes telles que Bogotá et Cali.

Gustavo Petro, qui demeure le seul président de gauche de l’histoire colombienne, avait dénoncé de présumées atteintes au logiciel de l’autorité électorale et avait évoqué la possibilité d’annuler le vote en raison de « l’intervention directe » des États-Unis, suite au soutien de Donald Trump à Abelardo de la Espriella.

« Nous assumerons, si nécessaire, la résistance »

L’organisme en charge des élections avait affirmé mardi que le dépouillement définitif montrait une concordance de 99,9 % avec le précompte initial des urnes du dimanche. La mission d’observation électorale de l’Union européenne a exclu mardi toute « irrégularité ».

Abelardo de la Espriella, milliardaire antisystème adoptant un discours très critique à l’encontre de la gauche, promet une lutte acharnée contre le crime organisé et une politique économique ultralibérale.

« Nous assumerons, si nécessaire, la résistance et la désobéissance civile pacifique », a déclaré Iván Cepeda, tout en mettant en garde contre « toute tentative de soumission autoritaire ».

Un nouvel allié pour Donald Trump

La victoire du candidat de la droite dure représente un nouveau succès pour la politique de Donald Trump en Amérique latine. Depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche en janvier 2025, plusieurs pays, dont l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur et le Honduras, ont initié ou confirmé un virage conservateur.

Actuellement, seuls le Mexique, l’Uruguay, le Guatemala et le Brésil, sous la présidence de Luiz Inacio Lula da Silva qui remet son mandat en jeu en octobre, sont dirigés par des gouvernements de gauche. Au Venezuela, l’arrestation de Nicolas Maduro en janvier a ouvert une nouvelle ère de coopération avec les États-Unis.

Avec ses nouveaux alliés sud-américains, Donald Trump a lancé en mars la coalition « Bouclier des Amériques » pour lutter contre le narcotrafic international. La Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, devrait, avec Abelardo de la Espriella à sa tête, intégrer cette coalition.

Il exprime son intention de lancer un « Plan Colombie II », en allusion à la coopération militaire entre Washington et Bogotá au début des années 2000, en opposition à la politique de « paix totale » prônée par Gustavo Petro, qui favorisait le dialogue. Il a également promis la construction de méga-prisons, saluant les méthodes sécuritaires appliquées au Salvador par Nayib Bukele et en Équateur par Daniel Noboa.

Des experts alertent sur un risque d’escalade de la violence découlant de cette stratégie, dans un pays encore englué dans plus de 60 ans de conflits armés avec divers groupes de gauche radicale et des gangs liés au narcotrafic et à l’exploitation minière illégale.