High-tech

Électricité : la demande ne va pas exploser en Europe

D’après les scénarios TYNDP 2026, la demande finale d’énergie en Europe baissera progressivement en raison de l’amélioration de l’efficacité énergétique. Tous les scénarios s’accordent sur une hausse d’environ 20 % de la demande en électricité d’ici la prochaine décennie, liée à l’électrification des usages encore alimentés par des combustibles fossiles.


L’Europe pourrait consommer moins d’énergie dans le futur, selon certains scénarios. Cependant, la demande en électricité devrait fortement augmenter. Les véhicules, le chauffage, l’industrie et les centres de données utilisent de plus en plus l’électricité. Tous les scénarios du Plan décennal de développement des réseaux 2026 (TYNDP 2026) anticipent une hausse d’environ 20 % de la demande électrique d’ici la prochaine décennie.

Depuis plus d’un siècle, le développement économique en Europe repose sur les énergies fossiles : le pétrole pour le transport, le gaz pour le chauffage, le charbon et le gaz pour l’industrie. Ce modèle évolue, l’électricité devenant progressivement prépondérante.

Les scénarios du TYNDP 2026 indiquent que, même si la consommation d’énergie globale diminue, la demande en électricité va fortement augmenter. Cette transition nécessitera une flexibilité accrue du système électrique, qui devra s’appuyer sur diverses solutions, notamment les batteries.

Cette analyse est le fruit d’une collaboration entre ENTSO-E, l’association des gestionnaires de réseaux électriques à haute et très haute tension en Europe, et ENTSOG, qui regroupe les gestionnaires de réseaux de transport de gaz.

Il convient de préciser que ce document est basé sur une version préliminaire des scénarios TYNDP 2026, ayant fait l’objet d’une consultation publique avant sa finalisation. Les chiffres mentionnés ici peuvent être ajustés.

La demande finale d’énergie en Europe devrait diminuer progressivement, principalement en raison des gains d’efficacité énergétique, les nouvelles technologies consommant de moins en moins d’énergie pour un service équivalent.

En revanche, la demande en électricité est attendue en forte hausse. Tous les scénarios prévoient une augmentation d’environ 20 % d’ici dix ans, liée notamment à l’électrification de nombreux usages actuellement alimentés par des combustibles fossiles.

Le secteur des transports est un moteur clé de cette augmentation, du fait de l’essor des véhicules électriques. Le chauffage suit également cette tendance, avec une adoption croissante des pompes à chaleur dans les bâtiments résidentiels et commerciaux. De même, l’industrie sera fortement impactée, de nombreux procédés basés sur les énergies fossiles devant être convertis à l’électricité dès que cela sera techniquement réalisable.

De nouveaux dispositifs de consommation, comme les électrolyseurs, qui produisent de l’hydrogène en dissociant l’eau grâce à l’électricité, viendront également s’ajouter à cette demande. Par ailleurs, la demande numérique, notamment liée aux centres de données et à l’intelligence artificielle, augmente aussi.

Cela s’inscrit dans une tendance générale : selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la croissance de la demande électrique redémarre dans les économies avancées après quinze années de stagnation, soutenue par les data centers, l’IA et les véhicules électriques.

Une demande électrique plus élevée nécessitera davantage de production décarbonée et, donc, un recours accru aux énergies renouvelables. Toutefois, les principales sources d’énergie verte, comme le solaire et l’éolien, sont intrinsèquement variables, ce qui pose un problème de flexibilité pour les gestionnaires de réseau.

D’après les scénarios du TYNDP 2026, les batteries devraient jouer un rôle essentiel dans le maintien de cet équilibre, permettant de stocker l’électricité produite lors des pics de production renouvelable pour la restituer en période de forte demande.

Une autre solution potentielle, moins fréquemment mise en avant, pourrait consister en l’utilisation des électrolyseurs. Très consommateurs d’électricité, ces appareils peuvent absorber les excédents de production renouvelable à certains moments. L’hydrogène produit pourrait ensuite servir dans l’industrie lourde en remplacement du gaz naturel, ou dans le transport lourd en substitution du gazole.